Les États-Unis auraient commis des crimes de guerre en Iran, selon un rapport de l’ONU
Un rapport d’experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU accuse les États-Unis d’avoir commis des crimes de guerre en Iran lors de frappes aériennes ciblant des civils, tout en pointant du doigt le régime iranien pour des crimes contre l’humanité. Ces conclusions, bien que non contraignantes, pourraient relancer des procédures judiciaires internationales et interroger la responsabilité des puissances occidentales dans les conflits asymétriques.
Quels éléments concrets ont conduit les experts de l’ONU à qualifier de crimes de guerre les frappes américaines en Iran ?
Les experts s’appuient sur deux frappes aériennes du 28 février : l’une ayant visé une école clairement identifiable à Minab, causant la mort d’au moins 178 civils selon leurs estimations, et l’autre ayant dispersé des billes de tungstène sur un complexe sportif et une zone résidentielle à Lamerd, tuant 22 civils. Ils estiment que ces attaques, ciblant des biens civils sans discrimination, constituent des attaques sans discrimination interdites par le droit international humanitaire.
Pourquoi le rapport de l’ONU est-il significatif malgré son caractère non contraignant ?
Ce rapport s’ajoute à un corpus de preuves internationales sur les crimes commis pendant le conflit, ce qui pourrait servir de base à des procédures judiciaires devant des tribunaux internationaux comme la Cour pénale internationale. De plus, il est le fruit d’une enquête méthodique, combinant témoignages, images satellitaires et documents, malgré les obstacles rencontrés (coupures internet, manque de coopération des gouvernements américain et iranien).
Quelles limites méthodologiques ou politiques entravent la portée de ce rapport ?
Les experts soulignent que leur travail a été partiellement bloqué par le conflit en cours, la fuite des témoins et la coupure des communications en Iran, ainsi que par le refus des deux gouvernements (États-Unis et Iran) de coopérer pleinement. Plus de 30 demandes d’informations adressées à Téhéran sont restées sans réponse, tout comme les sollicitations du Commandement central américain (CENTCOM) pour des données ou des rencontres.
Ce que ça pourrait changer
Ce rapport pourrait renforcer les pressions diplomatiques et juridiques contre Washington, notamment en alimentant les débats sur l’impunité des puissances occidentales dans les conflits asymétriques. Pour l’Iran, il offre un nouvel outil de légitimation internationale pour dénoncer les violations des droits humains, tout en risquant d’être instrumentalisé dans le cadre des tensions géopolitiques persistantes. À plus long terme, il pourrait contribuer à la constitution d’un dossier judiciaire, même si son aboutissement dépendra largement de la volonté politique des États concernés.

