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GÉNÉRALISTE

La désinformation par l’IA prolifère à l’approche des élections de mi-mandat

Source unique·il y a 2 h

À l’approche des élections de mi-mandat américaines, une nouvelle forme de désinformation s’invite dans le débat public : des deepfakes générés par intelligence artificielle, ciblant des candidats et visant à manipuler l’opinion. Ces contenus, de plus en plus sophistiqués et accessibles, soulèvent une question cruciale : jusqu’où la frontière entre réalité et fiction peut-elle être brouillée sans éroder la confiance des électeurs dans l’ensemble des informations politiques ?

Quels exemples concrets de deepfakes politiques ont été observés récemment aux États-Unis ?

Deux clips générés par IA ont ciblé le candidat démocrate texan James Talarico, briguant un siège de sénateur. Le premier le montrait écrivant des messages jugés provocateurs dans une bible, tandis que le second le caricaturait en parodiant un personnage de La Mélodie du bonheur avec des vêtements féminins. Ces vidéos, diffusées par des adversaires politiques ou des groupes proches de Donald Trump, visaient à discréditer son image.

Qui sont les principaux acteurs impliqués dans la production ou la diffusion de ces contenus ?

Les deepfakes sont créés par des outils d’IA accessibles et peu coûteux, utilisés aussi bien par des campagnes électorales officielles que par des organisations partisanes ou des groupes indépendants. Des candidats comme Ken Paxton, républicain texan, ont relayé ces contenus, tandis que des groupes conservateurs proches de Donald Trump en ont également diffusé. Les plateformes médiatiques et les réseaux sociaux servent de vecteurs de diffusion.

Quels sont les risques identifiés par les experts face à cette prolifération de désinformation par IA ?

Les spécialistes craignent moins que les électeurs croient aveuglément ces contenus que leur multiplication ne finisse par saper la confiance dans l’ensemble des informations politiques. Sarah Kreps, de l’Université Cornell, évoque un risque de rejet généralisé des messages authentiques, perçus comme des deepfakes parmi d’autres. Cette défiance pourrait affaiblir le débat démocratique et détourner les électeurs de l’information.

Quel est l’impact financier et médiatique de ces publicités politiques générées par IA ?

Selon le Wesleyan Media Project, 164 clips générés ou améliorés par IA ont été identifiés depuis le début de l’année, pour un coût estimé à près de 80 millions de dollars. Ces publicités, diffusées à la télévision et sur les réseaux sociaux, permettent de contourner les coûts élevés de production traditionnelle. Leur viralité potentielle en fait aussi un outil de communication gratuit pour les candidats, même si leur efficacité électorale reste incertaine.

Ce que ça pourrait changer

L’essor des deepfakes politiques pourrait normaliser la désinformation comme outil de campagne, exacerbant la polarisation et affaiblissant la légitimité des institutions électorales. À terme, cela pourrait pousser à réguler davantage les contenus générés par IA, mais aussi à une remise en question des mécanismes de vérification d’information, avec un risque de paralysie du débat public.

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