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DROIT

« L’efficacité a ses limites » : le chef du HCR alerte sur les coupes budgétaires

Source unique·il y a 2 j

Les coupes budgétaires massives imposées au HCR illustrent les limites d’une logique d’efficacité humanitaire poussée à l’extrême, où la réduction des moyens transforme une promesse de protection en un leurre pour les populations les plus vulnérables. Alors que les besoins des réfugiés s’intensifient sous la pression des conflits et des crises prolongées, l’agence onusienne alerte sur l’épuisement de ses marges de manœuvre, révélant une fracture croissante entre les attentes internationales et la réalité des terrains d’intervention.

Quelles sont les conséquences concrètes des coupes budgétaires sur les populations réfugiées ?

Les réductions de financement privent les réfugiés d’accès à des services essentiels comme les soins médicaux spécialisés, l’assistance juridique ou le soutien psychologique, comme au Soudan où plus de 50 000 survivants de violences sexuelles sont concernés. Au Tchad, ce sont les enfants non accompagnés ou séparés de leur famille qui voient leurs protections menacées, tandis qu’en Éthiopie, l’enregistrement des réfugiés est suspendu pour des dizaines de milliers de personnes.

Pourquoi le Haut-Commissaire du HCR qualifie-t-il la situation actuelle d’« inhumaine » ?

Le chef du HCR, M. Salih, évoque une dégradation des conditions de vie des réfugiés devenue « profondément inhumaine » en raison de l’accumulation des privations : violences accrues contre les femmes et les filles, perte d’années de scolarité pour les enfants, obstacles croissants pour les personnes handicapées à accéder à une protection, et une frustration généralisée des pays d’accueil face au manque de solidarité internationale.

Quel est l’objectif de l’initiative lancée par le HCR pour réduire le nombre de réfugiés en situation de déplacement prolongé ?

Le HCR a lancé une initiative visant à réduire de moitié, d’ici 2035, le nombre de réfugiés vivant dans des situations de déplacement prolongé et dépendant de l’aide humanitaire. Cette démarche s’inscrit dans une logique de sortie de crise, où la réussite ne se mesure plus seulement à la réduction des coûts, mais à l’amélioration réelle des conditions de vie et à la capacité des réfugiés à subvenir à leurs besoins.

Ce que ça pourrait changer

Les coupes budgétaires pourraient aggraver les tensions géopolitiques en alimentant un sentiment d’abandon chez les pays d’accueil de réfugiés, déjà sous pression depuis des décennies. À plus long terme, la persistance de ces réductions risque de normaliser une forme de désengagement international, où les solutions durables (intégration, autonomie) cèdent le pas à une gestion minimaliste des crises humanitaires, au détriment des populations les plus fragiles.

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