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GÉNÉRALISTE

Élections : les Premières Nations refusent d’être les grandes oubliées de la campagne

Source unique·il y a 16 j

Alors que la campagne électorale québécoise entre dans sa dernière ligne droite, les Premières Nations dénoncent une marginalisation persistante de leurs enjeux dans le débat politique. À travers une mobilisation symbolique devant l’Assemblée nationale, les chefs autochtones rappellent que leurs revendications, portées notamment par le Principe de Joyce, restent lettre morte six ans après la mort de Joyce Echaquan. Leur message interroge la capacité des partis à intégrer ces priorités dans une vision de gouvernance inclusive, alors que les territoires et les droits autochtones sont directement impactés par les projets de développement en cours.

Pourquoi les chefs autochtones ont-ils choisi de manifester précisément une semaine avant le scrutin ?

Le choix de la date n’est pas anodin : il coïncide avec l’anniversaire de la mort de Joyce Echaquan, décédée le 28 septembre 2020 dans un hôpital de Joliette, et vise à rappeler l’urgence de reconnaître le racisme systémique dans les services publics. Les chefs ont aussi voulu profiter de la présence des partis politiques à l’Assemblée nationale pour interpeller directement les futurs décideurs sur des enjeux structurels, comme le Principe de Joyce, jamais adopté malgré les recommandations répétées.

Quels sont les principaux outils revendiqués par les Premières Nations pour faire avancer leurs droits ?

Les chefs autochtones exigent notamment l’adoption du Principe de Joyce, qui garantirait un accès équitable et non discriminatoire aux services de santé et sociaux, ainsi que la mise en œuvre de la recommandation générale #39 des Nations unies pour lutter contre la discrimination envers les femmes autochtones. Ils réclament aussi des outils concrets pour protéger les territoires, comme un plan d’aménagement pour le caribou ou une réforme du régime minier et forestier, afin de garantir leur consentement libre et éclairé sur les projets de développement.

Comment les partis politiques ont-ils réagi à ces revendications pendant la campagne ?

Aucun parti n’a encore répondu aux demandes d’entrevue formulées par les médias, et les chefs dénoncent un « manque de respect total » de leur part. Seule Québec Solidaire a annoncé se rendre à une vigile en mémoire de Joyce Echaquan, mais les autres formations restent silencieuses sur les propositions législatives ou financières concrètes pour répondre aux priorités autochtones, malgré les appels répétés à des rencontres.

Quel paradoxe les chefs autochtones soulignent-ils concernant le développement économique au Québec ?

Les communautés autochtones sont présentées comme essentielles aux projets de développement économique, notamment dans les secteurs miniers et forestiers, mais leurs voix et leurs droits ne sont pas intégrés dans les décisions. Les chefs dénoncent ainsi une logique où les ressources naturelles sont exploitées sans leur consentement, alors que leurs territoires et leur souveraineté sont directement menacés par des lois comme le projet de loi 97 ou la réforme du régime forestier.

Ce que ça pourrait changer

L’absence de réponse des partis à ces revendications pourrait creuser un fossé durable entre les institutions québécoises et les Premières Nations, risquant d’alimenter des tensions sociales et juridiques. Une reconnaissance tardive de ces enjeux, notamment via l’adoption du Principe de Joyce, pourrait en revanche ouvrir la voie à une gouvernance plus inclusive, mais le temps presse alors que la campagne électorale s’achève sans engagement clair. La question de la souveraineté autochtone, notamment en cas de référendum sur l’indépendance du Québec, reste également un point aveugle des débats politiques actuels.

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