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ENVIRONNEMENT

Irriguer, irriguer, irriguer : malgré la sécheresse, l'agro-industrie s'accroche à ses bassines

Source unique·il y a 2 j

Alors que la France subit une sécheresse record et que l’agriculture consomme 61 % de l’eau du pays, le salon de l’élevage de Rennes (Space) a fait de l’or bleu son thème central. Pourtant, les débats organisés reflètent une vision univoque, centrée sur les solutions techniques et le productivisme, au détriment d’une remise en question du modèle agricole ou d’une approche globale du partage de l’eau. Cette focalisation illustre les tensions persistantes entre impératifs économiques et urgences environnementales.

Quel pourcentage de l’eau consommée en France provient de l’agriculture selon les données de 2023 ?

L’agriculture représentait 61 % de l’eau consommée en France en 2023, selon le Service de la donnée et des études statistiques, loin devant la production d’eau potable (24 %).

Quels acteurs dominent les débats sur l’eau organisés lors du salon de l’élevage de Rennes ?

Les tables rondes et ateliers sur l’eau réunissaient quasi exclusivement des représentants de l’agro-industrie, avec très peu de voix extérieures comme celles de la société civile ou des collectivités. Seuls deux événements ont intégré des regards alternatifs, dont celui d’un chercheur hydrologue.

Quelles solutions techniques sont principalement défendues par les agriculteurs présents au salon pour faire face à la sécheresse ?

Les agriculteurs défendent majoritairement le stockage de l’eau via des infrastructures comme les mégabassines ou des retenues collinaires, ainsi que l’irrigation des cultures, sans remettre en cause le modèle productiviste. Certains évoquent aussi des économies d’eau dans l’industrie agroalimentaire, mais sans évoquer de réduction des surfaces irriguées.

Pourquoi les alternatives au modèle productiviste, comme la restauration des zones humides, sont-elles écartées lors des débats ?

Les alternatives, portées par des acteurs comme la Confédération paysanne ou des chercheurs, sont balayées par les représentants de l’agro-industrie qui les jugent impossibles ou non prioritaires. Sébastien Floc’h, directeur d’une entreprise agroalimentaire, a qualifié ces solutions de non réalistes, privilégiant des approches techniques comme la réutilisation des eaux de lavage.

Ce que ça pourrait changer

Cette focalisation sur les solutions techniques et le maintien du productivisme pourrait aggraver les tensions autour de l’eau, en creusant les inégalités d’accès à la ressource. Elle risque aussi de retarder l’adoption de mesures structurelles, comme la sobriété ou la diversification des cultures, pourtant nécessaires face aux sécheresses répétées. Enfin, l’absence de débat pluraliste pourrait alimenter les conflits entre agriculteurs et autres usagers de l’eau, notamment dans les territoires déjà en tension.

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