Il y a plus de 13 000 ans, on pouvait marcher de la Sicile à Malte : ce passage englouti relance l’enquête sur l’arrivée des premiers habitants de l’île
La découverte d’un ancien passage terrestre reliant la Sicile à Malte il y a plus de 13 000 ans bouleverse les hypothèses sur les premières migrations humaines vers l’archipel maltais. Cette révélation géologique, qui contredit les modèles traditionnels de peuplement insulaire, relance le débat sur les capacités d’adaptation des populations préhistoriques et les dynamiques de colonisation en Méditerranée centrale. Au-delà de l’aspect technique, cette étude interroge la manière dont l’archéologie doit intégrer les données paléogéographiques pour réécrire l’histoire des premières sociétés méditerranéennes.
Quelle preuve géologique suggère l’existence d’un passage terrestre entre la Sicile et Malte il y a plus de 13 000 ans ?
Les chercheurs s’appuient sur des relevés bathymétriques et des analyses sédimentaires révélant une plateforme continentale aujourd’hui submergée, correspondant à un ancien isthme émergé lors de la dernière période glaciaire, lorsque le niveau des mers était bien plus bas qu’actuellement.
Pourquoi cette découverte remet-elle en cause les théories classiques sur l’arrivée des premiers habitants de Malte ?
Jusqu’ici, on pensait que les premiers colons maltais avaient dû traverser des bras de mer, impliquant des compétences maritimes avancées. La présence d’un passage terrestre suggère au contraire une migration à pied, accessible même à des groupes peu familiarisés avec la navigation, et ouvre la porte à des hypothèses de peuplement plus précoces ou plus diversifiées.
Quelles périodes de l’histoire maltaise pourraient être réévaluées grâce à cette découverte ?
Cette révélation concerne principalement le Mésolithique maltais, traditionnellement daté entre 7 000 et 5 000 av. J.-C., mais elle pourrait aussi impacter les études sur les premières traces humaines en Méditerranée centrale, en reculant potentiellement leur arrivée de plusieurs millénaires.
Quels sont les principaux obstacles à une confirmation définitive de cette hypothèse ?
Les preuves directes de peuplement humain sur cet ancien isthme manquent encore : aucune trace archéologique n’a été formellement identifiée sur ce territoire aujourd’hui submergé. De plus, les datations précises des niveaux marins à cette époque restent sujettes à débat parmi les paléo-climatologues.
Ce que ça pourrait changer
Cette découverte pourrait forcer les historiens à repenser la chronologie des migrations en Méditerranée, en intégrant des scénarios de peuplement terrestre avant même l’essor des sociétés agraires. Elle souligne aussi l’importance de croiser les disciplines — géologie, archéologie et climatologie — pour reconstruire les paysages disparus. Enfin, elle invite à une réévaluation des modèles de dispersion humaine en Europe du Sud, souvent sous-estimés au profit des routes maritimes.

