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GÉNÉRALISTE

À la recherche du Québec : comment va Greta?

Source unique·il y a 15 h

À l’aube de l’automne 2026, alors que les vagues de chaleur meurtrières s’enchaînent et que les promesses écologiques des gouvernements s’effritent, le militant écologiste Dominic Champagne dresse un constat amer : la lutte climatique au Québec, jadis portée par des figures charismatiques comme lui ou Greta Thunberg, semble s’être enlisée dans un silence politique et une résignation collective. Entre le retrait symbolique des pionniers du mouvement et l’érosion des engagements concrets, l’urgence environnementale, reléguée au second plan, interroge la capacité des sociétés à transformer leur indignation en action durable.

Pourquoi Dominic Champagne évoque-t-il un sentiment de deuil face à la cause climatique, et quels symboles illustrent ce désenchantement ?

Dominic Champagne décrit un deuil lié à la perte d’un monde révolu, celui où l’action collective pouvait encore inverser la tendance climatique, incarné par le retrait simultané de figures comme Steven Guilbeault (ex-ministre de l’Environnement) et Laure Waridel (chroniqueuse), cofondateurs d’Équiterre. Ce deuil se matérialise aussi par la lecture de livres comme Comment vivre dans la cendre? de Nicolas Langelier, qui questionne la possibilité de trouver un sens dans un monde en effondrement, ou par son propre repli vers un jardin, métaphore d’une résistance passive face à l’inaction politique.

Quel rôle a joué Greta Thunberg dans la politisation de l’urgence climatique au Québec, et comment son engagement a-t-il évolué depuis 2019 ?

Greta Thunberg a été l’égérie des grèves scolaires pour le climat en 2019, mobilisant un demi-million de personnes lors du Jour de la Terre à Montréal, un événement qui a forcé les partis politiques, y compris la CAQ, à intégrer la crise climatique comme enjeu électoral. Depuis, son combat s’est élargi à la question palestinienne, marquant une diversification de ses engagements, tandis que l’urgence climatique, elle, semble avoir perdu de sa centralité dans le débat public québécois.

Quels reculs environnementaux récents du gouvernement Carney illustrent la dilution des promesses climatiques au Québec ?

Le gouvernement Carney a reculé sur plusieurs fronts : réexamen de l’exploration du gaz de schiste (fermée en 2022 mais envisagée à nouveau en 2026 sous la pression américaine), discrédit de la filière batterie au profit de projets controversés comme celui de TES Canada à Shawinigan (133 éoliennes en milieu habité, soutenu par des acteurs du capitalisme), et modification des lois pour favoriser l’autoproduction privée d’électricité, au détriment du bien commun. Ces choix trahissent une priorité accordée à des intérêts économiques à court terme plutôt qu’à une transition écologique structurée.

Pourquoi Dominic Champagne critique-t-il l’hypocrisie des partis politiques québécois sur la question climatique, et quelle proposition originale émerge de son discours ?

Champagne dénonce l’hypocrisie des partis, notamment la CAQ, qui a dilapidé des ressources en discréditant des filières vertes (comme Northvolt) tout en flirtant avec des projets climaticides (gaz de schiste, TES Canada). Il fustige aussi l’absence de vision chez le PQ et Québec solidaire, et l’opportunisme du Parti conservateur, qui assume sans fard son désengagement. Face à ce constat, il propose un dimanche férié obligatoire comme journée de réflexion collective, hors de la logique de croissance économique, pour réhabiliter la vie de l’esprit et la délibération citoyenne.

Ce que ça pourrait changer

Ces reculs politiques et cette résignation collective pourraient ancrer le Québec dans un modèle de développement extractiviste et court-termiste, au mépris des engagements climatiques passés. À l’inverse, une mobilisation citoyenne renouvelée, comme celle portée par des figures comme Champagne dans le passé, pourrait forcer les partis à réintégrer l’urgence écologique comme priorité absolue, sous peine de voir la crédibilité du Québec en la matière s’effondrer définitivement. La proposition d’un dimanche férié dédié à la réflexion, bien que symbolique, révèle aussi une quête de sens dans une société saturée par la crise environnementale.

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