De plus en plus d’enfants gravement blessés en trottinette électrique
L’explosion des accidents impliquant des trottinettes électriques chez les enfants révèle un paradoxe réglementaire et comportemental. Alors que ces engins, souvent perçus comme des jouets, atteignent des vitesses comparables à celles de cyclomoteurs, leur usage par des mineurs de moins de 14 ans — âge légal — s’accompagne de blessures de plus en plus graves. Les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme, pointant du doigt l’inadéquation entre la maturité physique des jeunes et les risques réels de ces véhicules motorisés en milieu urbain.
Quels types de blessures les enfants subissent-ils principalement en trottinette électrique ?
Les traumatismes sont majoritairement graves : 65 % des enfants blessés présentent des lésions complexes, dont des traumatismes crâniens, des fractures faciales ou des fractures multiples, parfois nécessitant des interventions chirurgicales et des séjours en soins intensifs. Les chutes vers l’avant, fréquentes chez les jeunes, entraînent particulièrement des blessures au visage et au cerveau.
Pourquoi les médecins recommandent-ils un âge minimal de 16 ans pour conduire ces engins ?
Les professionnels de santé estiment que les enfants et adolescents de moins de 16 ans ne disposent pas de la maturité physique et cognitive nécessaire pour gérer en toute sécurité des véhicules motorisés rapides dans un environnement de circulation complexe. Ils comparent les trottinettes électriques à des cyclomoteurs, soulignant l’absence de formation ou de permis obligatoire, alors que leurs vitesses peuvent atteindre 25 km/h.
Quelles lacunes réglementaires les signataires de la lettre ouverte dénoncent-ils ?
Outre l’âge minimal jugé trop bas, les experts critiquent le non-respect répandu des règles existantes (port du casque, vitesse limitée à 25 km/h, interdiction de la conduite à deux) et l’absence de sanctions systématiques. Ils pointent également la commercialisation de trottinettes conçues pour les enfants, renforçant l’idée erronée que ces engins relèvent du jouet plutôt que du véhicule motorisé.
Ce que ça pourrait changer
Une hausse de l’âge minimal à 16 ans pourrait réduire significativement le nombre d’accidents, mais nécessiterait une campagne de sensibilisation massive pour changer les perceptions des parents et des jeunes. Si le gouvernement québécois durcit la réglementation, cela pourrait aussi servir de précédent pour d’autres régions confrontées au même phénomène, tout en soulevant des questions sur l’efficacité des contrôles et l’adéquation des infrastructures urbaines.

