Patrimoine : l’IRNS tente de mesurer l’écart entre les hommes et les femmes
L’écart de patrimoine entre hommes et femmes au Canada, longtemps sous-estimé faute de données individuelles, révèle une inégalité structurelle plus profonde que l’écart salarial. Une étude de l’INRS, utilisant l’intelligence artificielle pour contourner les limites des statistiques officielles, met en lumière un fossé de 28 000 $ en défaveur des femmes, soit 20 % de moins que les hommes, et interroge les mécanismes économiques et sociaux qui perpétuent cette disparité.
Pourquoi les statistiques officielles ne permettent-elles pas de mesurer l’écart de patrimoine entre hommes et femmes au Canada ?
Les données disponibles, comme l’Enquête sur la sécurité financière des ménages de Statistique Canada, se concentrent sur le patrimoine des ménages dans leur ensemble plutôt que sur celui des individus, occultant ainsi les inégalités au sein des couples. Cette approche masque notamment la répartition inégale des actifs entre conjoints, une lacune que l’INRS a tenté de combler grâce à un algorithme prédictif.
Quels facteurs expliquent l’écart de patrimoine de 28 000 $ en défaveur des femmes, au-delà des différences salariales ?
L’étude souligne que les femmes, souvent contraintes à des pauses professionnelles ou à des emplois à temps partiel pour des raisons familiales, accumulent moins d’actifs. Leur profil d’investissement plus prudent, lié à une moindre tolérance au risque financier et à une perception accrue des obligations familiales, génère également des rendements moins élevés à long terme.
Comment l’écart de patrimoine varie-t-il selon les provinces canadiennes ?
L’écart est près de deux fois plus marqué en Alberta, dans les Prairies et dans les provinces de l’Atlantique qu’au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique. Alors que le Québec et l’Ontario ont enregistré des progrès notables depuis 2005, l’Alberta affiche une stagnation, avec un écart presque inchangé depuis cette date.
Ce que ça pourrait changer
Cette étude pourrait inciter les décideurs publics à réviser les politiques de collecte de données sur le patrimoine, afin de mieux cibler les mesures de réduction des inégalités économiques. Elle met aussi en lumière l’urgence d’agir sur les stéréotypes de genre dans les choix d’investissement et les parcours professionnels, sous peine de voir persister des disparités structurelles malgré les avancées en matière d’égalité salariale.

