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Patrimoine : l’IRNS tente de mesurer l’écart entre les hommes et les femmes

ICI Radio-Canada· 4 août 2026
 Patrimoine : l’IRNS tente de mesurer l’écart entre les hommes et les femmes

Si l'écart salarial entre les genres est bien documenté, l'écart de patrimoine l'est moins.

Résumé

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Patrimoine et inégalités

L’article aborde l’écart de patrimoine entre les hommes et les femmes au Canada, un sujet moins documenté que l’écart salarial.

Le patrimoine désigne la valeur nette des actifs d’une personne, incluant les propriétés, les investissements ou les régimes de retraite.

Contrairement aux salaires, où les données sont disponibles, les statistiques officielles ne mesurent pas le patrimoine des individus, mais celui des ménages.

Cette lacune rend difficile l’analyse des inégalités au sein des couples.

L’Institut national de la recherche scientifique (INRS) a donc utilisé l’intelligence artificielle pour estimer la répartition individuelle du patrimoine chez les personnes en union, en s’appuyant sur des données existantes pour les personnes seules.

L’étude révèle un écart médian de 28 000 $ en défaveur des femmes, soit environ 20 % de moins que les hommes.

Cet écart est plus marqué que l’écart salarial, où les Canadiennes gagnent en moyenne 89 cents pour chaque dollar gagné par un homme en 2024.

2

Rôle de l’INRS

L’INRS, basé à Québec, est à l’origine de cette étude pionnière.

Pour combler le manque de données sur le patrimoine individuel, les chercheurs ont entraîné un algorithme d’intelligence artificielle.

Celui-ci a été formé sur des échantillons de personnes seules, dont les données de patrimoine sont plus faciles à obtenir, puis appliqué aux personnes en union.

Cette méthode permet d’estimer la part de patrimoine détenue par chaque individu au sein d’un couple, même lorsque les actifs sont détenus en commun.

L’objectif est de mieux comprendre les inégalités de richesse entre les genres, un aspect souvent négligé dans les statistiques officielles.

L’étude s’inscrit dans le cadre des travaux de Maude Pugliese, professeure à l’INRS et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en expériences financières des familles et inégalités de patrimoine.

3

Causes des écarts

Les écarts de patrimoine entre hommes et femmes ne s’expliquent pas uniquement par des salaires moins élevés pour les femmes.

D’autres facteurs entrent en jeu, comme les interruptions de carrière ou le travail à temps partiel, souvent choisis pour s’occuper des enfants ou de proches.

Ces choix impactent la capacité à épargner et à investir.

De plus, les femmes adoptent généralement un profil d’investissement plus prudent, générant des rendements moins élevés à long terme.

Leur perception des risques financiers est aussi influencée par leurs obligations familiales, les poussant à privilégier la sécurité immédiate plutôt que des placements risqués mais potentiellement plus rentables.

Maude Pugliese souligne que cette prudence s’explique par une orientation temporelle différente, où la protection contre les imprévus immédiats prime sur les gains futurs.

4

Variations régionales

L’écart de patrimoine entre hommes et femmes varie considérablement selon les régions du Canada.

En Alberta, dans les Prairies et dans les provinces de l’Atlantique, l’écart est près de deux fois plus important qu’au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique.

Par exemple, en 2005, l’écart était similaire dans ces trois provinces, mais depuis, des améliorations ont été observées au Québec et en Ontario, tandis qu’il reste quasi inchangé en Alberta.

Ces différences régionales reflètent probablement des dynamiques économiques locales, des politiques sociales ou des comportements d’investissement distincts.

L’étude de l’INRS vise à documenter ces disparités pour mieux cibler les politiques publiques.

5

Méthodologie innovante

Pour contourner l’absence de données sur le patrimoine individuel, l’INRS a développé une approche innovante basée sur l’intelligence artificielle.

L’algorithme utilisé a été entraîné sur des données de personnes seules, où le patrimoine est attribué à un seul individu, puis appliqué aux couples.

Cette méthode permet d’estimer la part de patrimoine détenue par chaque membre du couple, même lorsque les actifs sont détenus en commun.

Bien que cette approche ne soit pas parfaite, elle offre une première estimation des inégalités de patrimoine entre les genres, un domaine jusqu’ici peu exploré.

Les résultats obtenus sont cohérents avec d’autres études, comme celle réalisée pour le Québec en 2024, confirmant la pertinence de cette méthode.

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