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DROIT

Afghanistan : la traque talibane des cheveux apparents, foulards colorés et visages maquillés

Source unique·il y a 6 j

Depuis leur retour au pouvoir en 2021, les talibans ont systématisé la répression des Afghanes en étendant leur contrôle à des aspects intimes de leur vie quotidienne. Entre juillet et septembre 2026, au moins 53 femmes et filles ont été arrêtées pour des motifs aussi anodins que des foulards trop colorés ou des traces de maquillage, illustrant une stratégie de domination qui dépasse le cadre vestimentaire pour s’attaquer à leur autonomie même.

Quels sont les critères vestimentaires ou comportementaux désormais interdits en Afghanistan sous le régime taliban ?

Les autorités talibanes sanctionnent désormais des détails comme des cheveux apparents, des foulards colorés, des traces de maquillage, ou encore le fait de circuler sans mahram (un homme de la famille chargé de les accompagner). Ces arrestations visent des femmes dont la tenue ou la présence en public est jugée non conforme aux normes imposées.

Qui est responsable de ces arrestations et quelles méthodes sont employées ?

Les arrestations sont menées par des agents du ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice, souvent accompagnés de policiers. Les détenues sont relâchées après quelques heures, mais subissent parfois des violences (insultes, coups, menaces) ou une stigmatisation sociale durable. En juin 2026 à Hérat, des manifestations contre ces détentions ont été dispersées par la force, faisant un mort et plusieurs blessés.

Pourquoi ces arrestations sont-elles particulièrement préoccupantes selon les Nations Unies ?

La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) souligne que ces pratiques violent les libertés de circulation et d’expression des femmes, tout en les exposant à une exclusion sociale accrue. La peur des représailles pousse de nombreuses victimes à ne pas témoigner, rendant ces exactions difficiles à documenter dans leur entirety.

Quel est le contexte géopolitique actuel de cette répression en Afghanistan ?

Ces arrestations surviennent alors que la Cour pénale internationale (CPI) a émis en 2025 quatre mandats d’arrêt contre des hauts responsables talibans, dont le chef suprême Haibatullah Akhundzada, pour crimes contre l’humanité liés à la persécution fondée sur le genre. Les talibans rejettent la compétence de la CPI, mais cette pression judiciaire internationale pourrait, à terme, influencer l’évolution de leur politique.

Ce que ça pourrait changer

Cette escalade répressive pourrait accentuer l’isolement des Afghanes, les poussant à renoncer à des activités professionnelles ou sociales par crainte des sanctions. À plus long terme, elle risque de renforcer les dynamiques d’exclusion déjà observées, tout en alimentant les tensions avec la communauté internationale, notamment sur le plan des droits humains.

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