Après Tupperware, Cédric Meston acquiert Duralex
La reprise de Duralex par Cédric Meston, entrepreneur déjà à l’origine du sauvetage de Tupperware France, s’inscrit dans une stratégie de relance industrielle soutenue par des acteurs majeurs comme Xavier Niel et l’État. Cette opération, validée par le tribunal de commerce d’Orléans, soulève des questions sur la viabilité d’un modèle manufacturier confronté à des défis énergétiques et concurrentiels, tout en interrogeant la capacité des repreneurs à concilier performance économique et préservation de l’emploi.
Quels sont les principaux défis industriels et économiques auxquels Duralex est confrontée après sa reprise ?
Duralex doit relever un double défi : maintenir une activité manufacturière sur son site historique de La Chapelle-Saint-Mesmin, tout en faisant face à des coûts énergétiques élevés qui pèsent sur sa compétitivité. Contrairement à Tupperware, qui repose sur un modèle de vente directe, Duralex doit préserver une production locale, ce qui implique des investissements pour moderniser l’outil industriel tout en garantissant la pérennité des 155 emplois sauvés sur les 220 existants.
Qui sont les acteurs clés ayant permis cette reprise et quel rôle jouent-ils ?
Cédric Meston, entrepreneur et cofondateur de HappyVore, porte le projet via sa holding Tomé-Revive, avec un financement total de 15 millions d’euros dont 5 millions de fonds propres. Son opération bénéficie du soutien de Xavier Niel, milliardaire et fondateur de Free, ainsi que de l’État, de la Région Centre-Val de Loire et d’Orléans Métropole, qui apportent des financements ciblés, notamment pour améliorer la performance énergétique du site.
Pourquoi la reprise de Duralex par Cédric Meston a-t-elle été préférée à celle proposée par le groupe Carlesimo ?
L’offre de Cédric Meston a été retenue par le tribunal de commerce d’Orléans en raison de son volet social plus favorable, prévoyant le maintien de 155 emplois contre une offre concurrente. Son projet, plus ambitieux sur le plan industriel et énergétique, a également séduit les autorités locales et nationales, qui y voient une opportunité de relocalisation et de modernisation.
Ce que ça pourrait changer
Cette reprise pourrait marquer un tournant pour l’industrie française du verre, en démontrant la faisabilité de modèles hybrides associant repreneurs privés, soutien public et investisseurs influents. Elle interroge cependant sur la capacité à concilier rentabilité et transition énergétique dans un secteur exposé à la concurrence internationale, tout en posant la question de la pérennité des entreprises industrielles françaises face aux cycles de redressement judiciaire répétés.

