Le Mexique mise sur l’IA pour tenter de retrouver ses nombreux disparus
Face à une crise humanitaire sans précédent, avec plus de 134 000 disparus recensés, le Mexique explore une solution technologique inédite : l’intelligence artificielle. L’Université nationale autonome du Mexique (Unam) développe des outils visant à moderniser les méthodes de recherche, entre reconstruction faciale et cartographie des disparitions. Mais cette approche soulève des questions sur son efficacité réelle et les limites d’une réponse technique à une crise structurelle.
Quels sont les deux dispositifs conçus par l’Unam pour retrouver les disparus au Mexique ?
Le premier, Regresa, utilise des techniques anthropométriques et l’IA pour générer des images actualisées des personnes disparues à partir de leurs anciennes photographies, en simulant les changements cranio-faciaux liés au temps. Le second est une carte interactive visant à analyser la répartition géographique des disparitions dans le pays.
Qui est impliqué dans l’amélioration des outils de recherche et de localisation des disparus au Mexique ?
Un groupe de neuf experts, incluant des compétences en intelligence artificielle, science des données et anthropologie, a été constitué pour examiner le Registre national des personnes disparues et proposer des améliorations juridiques et méthodologiques. Leur travail s’inscrit dans une démarche plus large intégrant des acteurs universitaires et gouvernementaux.
Pourquoi les autorités mexicaines cherchent-elles à moderniser les méthodes de recherche des disparus ?
Les avis de recherche traditionnels, souvent basés sur des photos anciennes, deviennent moins efficaces avec le temps, car l’évolution physique des personnes recherchées complique leur identification. L’objectif est donc de réduire ce décalage en utilisant des outils technologiques pour actualiser les représentations des disparus.
Ce que ça pourrait changer
Si ces outils technologiques peuvent améliorer la précision des recherches, ils risquent de masquer l’échec des politiques publiques en matière de sécurité et de justice. Leur déploiement soulève aussi des questions éthiques, notamment sur la fiabilité des reconstructions faciales générées par l’IA et leur utilisation dans des enquêtes criminelles. Enfin, cette approche pourrait détourner l’attention des causes profondes des disparitions, comme les violences structurelles et l’impunité.

