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SCIENCES

Le regard sur le monde influencé par la carte du monde

Source unique·il y a 2 j

La projection de Mercator, omniprésente dans les représentations cartographiques depuis le XVIe siècle, est aujourd’hui contestée pour son biais géopolitique et ses distorsions territoriales. Une résolution de l’ONU, adoptée à une large majorité, invite à repenser ces outils visuels, révélant comment la cartographie façonne notre perception du monde bien au-delà de la simple navigation.

Pourquoi la projection de Mercator est-elle aujourd’hui remise en cause ?

La projection de Mercator, bien qu’utile pour la navigation, déforme les surfaces continentales en surreprésentant les pays du Nord et en minimisant ceux de l’hémisphère sud, comme le Groenland comparé à l’Afrique. Ce biais a été interprété comme une légitimation visuelle des inégalités géopolitiques, alimentant les critiques sur son adoption massive dans l’éducation et les médias.

Qui porte l’initiative de changer les projections cartographiques et pourquoi ?

L’initiative émane principalement du Togo, avec le soutien de l’Union africaine, et a été adoptée par 164 pays à l’ONU, contre un seul vote contre (les États-Unis). Cette mobilisation reflète une volonté de corriger une vision du monde jugée déséquilibrée, où les pays riches apparaissent disproportionnellement plus importants.

Quelle est la principale alternative proposée à la projection de Mercator ?

La résolution de l’ONU encourage l’adoption de la projection Equal Earth, développée en 2018, qui réduit les distorsions en courbant les méridiens pour mieux représenter les masses continentales. Cependant, aucune projection à deux dimensions ne peut être parfaite, car elle implique toujours des compromis entre angles et surfaces.

Quel rôle jouent les plateformes numériques comme Google Maps dans cette controverse ?

Google Maps et d’autres services de cartographie en ligne ont adopté la projection de Mercator, contribuant à ancrer ses biais dans l’imaginaire collectif. Leur influence sur la perception spatiale, combinée à l’absence de correction mentale des utilisateurs, renforce l’impact sociétal de ces distorsions.

Ce que ça pourrait changer

Cette résolution pourrait accélérer l’adoption de projections plus équilibrées dans les manuels scolaires et les outils numériques, modifiant durablement la représentation visuelle du monde. Elle soulève aussi des questions sur le pouvoir des cartes comme instruments de soft power, où la neutralité apparente cache des enjeux géopolitiques. Enfin, elle rappelle que les choix techniques en cartographie ne sont jamais neutres, mais reflètent des priorités culturelles et politiques.

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