NapseflowNapseflow
GÉNÉRALISTE

Le nombre de décès chez les personnes itinérantes bondit, en particulier les femmes

Source unique·il y a 16 j

L’itinérance au Québec connaît une crise sanitaire et sociale sans précédent, marquée par une explosion des décès chez les personnes sans-abri, particulièrement chez les femmes. Ces chiffres, bien que partiels, révèlent une réalité systémique où l’invisibilisation des victimes et l’inadéquation des réponses publiques aggravent une situation déjà alarmante. Comment expliquer cette surmortalité genrée et quelles en sont les conséquences pour les politiques sociales ?

Quels sont les chiffres clés concernant la mortalité des personnes itinérantes au Québec entre 2020 et 2024 ?

Entre 2020 et 2024, au moins 400 personnes sans-abri sont décédées au Québec, soit une augmentation de 182 %. Les hommes sans-abri avaient une espérance de vie moyenne de 47 ans (contre 80 ans pour les hommes logés), tandis que les femmes en situation d’itinérance mouraient en moyenne à 42 ans (contre 84 ans pour les femmes logées). L’augmentation des décès est plus marquée chez les femmes (+211 %) que chez les hommes (+175 %).

Pourquoi les statistiques sur ces décès sont-elles incomplètes et sous-estiment-elles la réalité ?

Les chiffres officiels ne comptabilisent que les décès ayant fait l’objet d’une enquête du bureau du coroner, déclenchée uniquement en cas de circonstances floues. Or, environ 35 % des 400 décès recensés concernaient des personnes en itinérance cachée, une réalité difficile à quantifier car souvent hébergées temporairement par des proches. Un formulaire en ligne a été lancé pour signaler ces décès, mais le portrait reste partiel.

Quels facteurs expliquent la surmortalité accrue des femmes en situation d’itinérance ?

Les femmes en itinérance sont davantage exposées à la violence et à l’invisibilisation, notamment en raison de leur tendance à éviter les refuges mixtes par crainte de violences. Les ressources communautaires, souvent conçues pour les hommes, ne répondent pas toujours à leurs besoins spécifiques. Leur espérance de vie réduite s’explique aussi par un épuisement des réseaux de soutien et une précarité économique exacerbée.

Quelles réactions les acteurs de terrain expriment-ils face à ces données ?

Les organismes comme Le Chaînon ou La Rue des Femmes, qui accompagnent quotidiennement des femmes en situation de précarité, confirment l’urgence de la situation. Ils soulignent un manque criant de places en hébergement féminin et une demande croissante de services, avec des listes d’attente saturées. Les témoignages évoquent une fragilité extrême et un épuisement des ressources avant l’arrivée dans ces structures.

Ce que ça pourrait changer

Ces données pourraient forcer les pouvoirs publics à repenser les politiques de santé publique et d’hébergement, en ciblant spécifiquement les femmes et les formes d’itinérance cachée. Sans une meilleure collecte de données et une adaptation des ressources, le risque est de voir persister une mortalité évitable, alimentée par des systèmes sociaux et sanitaires inadaptés. La visibilité médiatique de ces chiffres pourrait aussi accélérer les engagements politiques, comme l’a montré l’enquête du coroner à Montréal après le point de presse de la mairesse.

Voir aussi

Plus de contenus dans cette catégorie →

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.