Avoir 20 ans sous Macron
La présidence Macron a cristallisé une relation conflictuelle avec la jeunesse française, transformant l’adolescence en âge de la défiance institutionnelle. Entre mépris affiché, réformes punitives et répression policière, l’expérience des vingt ans sous Emmanuel Macron interroge moins les comportements individuels que la construction d’un rapport de force politique et social, où la jeunesse devient à la fois cible et symbole d’un pouvoir en quête de contrôle.
Quels actes ou déclarations de Macron et de son gouvernement illustrent cette relation conflictuelle avec la jeunesse ?
L’article recense une série de propos et mesures ciblant directement les jeunes, comme la réponse du président à un adolescent (« tu m’appelles Monsieur le Président ») en 2018, la proposition d’uniforme scolaire par Gabriel Attal en 2023, ou encore la rhétorique répressive de Sébastien Lecornu en 2026, qui associe les émeutes à la destruction de lycées. Ces déclarations s’inscrivent dans une logique de suspicion généralisée envers les jeunes, perçus comme des perturbateurs de l’ordre public.
Quel rôle joue la répression policière dans ce contexte, et à quelle échelle s’exerce-t-elle ?
La répression policière apparaît comme une réponse systématique aux mobilisations lycéennes, avec près de 8 000 gardes à vue enregistrées au 13 octobre 2026, dont une majorité de mineurs (6 773). Cette escalade sécuritaire, incluant tirs tendus et charges de véhicules, révèle une stratégie de dissuasion violente, où la jeunesse est traitée comme une menace à neutraliser plutôt qu’un acteur politique à convaincre.
Comment les figures politiques de premier plan, comme Gabriel Attal, ont-elles contribué à façonner cette image de la jeunesse ?
Gabriel Attal, d’abord ministre de l’Éducation puis Premier ministre, a multiplié les propositions symboliques ou restrictives envers les jeunes, comme l’uniforme scolaire ou l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans en 2026. Son discours de politique générale de janvier 2024, où il oppose une jeunesse « qui salit, nettoie, casse, répare », illustre une vision moralisatrice et punitive, où la jeunesse est réduite à un problème à gérer plutôt qu’à un partenaire social.
Ce que ça pourrait changer
Cette dynamique pourrait renforcer les fractures générationnelles et alimenter un rejet durable des institutions, avec un risque de radicalisation accrue chez les jeunes exclus des canaux traditionnels de représentation. À l’inverse, elle pourrait aussi cristalliser une contestation unifiée, où la jeunesse devient le fer de lance d’une remise en cause plus large des modes de gouvernance. Dans les deux cas, le pouvoir en place semble avoir choisi la confrontation plutôt que le dialogue.

