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SOCIÉTÉ

Un banal vermifuge pourrait aider à combattre les cancers du poumon résistants aux traitements

Source unique·il y a 2 h

La résistance aux traitements anticancéreux représente un défi majeur en oncologie, notamment pour les cancers du poumon agressifs comme ceux porteurs de mutations de l'EGFR. Une étude récente suggère qu’une approche inattendue, combinant un vermifuge bon marché à une thérapie ciblée, pourrait briser cette résistance en ciblant simultanément deux mécanismes cellulaires. Cette piste, encore expérimentale, soulève des questions sur la réversibilité des mécanismes de résistance et l’efficacité des stratégies thérapeutiques combinées.

Quel est le mécanisme d’action du mébendazole dans cette étude, et en quoi diffère-t-il de celui du géfitinib ?

Le géfitinib bloque la protéine EGFR, qui stimule la croissance des cellules cancéreuses, mais les cellules résistantes contournent ce blocage. Le mébendazole, lui, perturbe les mécanismes internes des cellules, notamment en augmentant le stress lié à la réplication de l’ADN, ce qui les rend plus vulnérables. Ensemble, ces deux molécules attaquent donc le cancer sur deux fronts distincts : l’un bloque la prolifération, l’autre fragilise la survie cellulaire.

Quels résultats concrets ont été obtenus sur les souris, et dans quelle mesure ces données sont-elles transposables à l’humain ?

Chez des souris porteuses de tumeurs pulmonaires humaines résistantes, l’association du géfitinib et du mébendazole a ralenti le doublement de la taille des tumeurs à vingt-cinq jours, contre six jours sans traitement, dix jours avec le mébendazole seul et quinze jours avec le géfitinib seul. Cependant, les tumeurs n’ont pas été éliminées, et ces résultats restent précliniques. Leur transposition à l’humain nécessitera des validations supplémentaires, notamment sur l’innocuité et l’efficacité à long terme.

Pourquoi les chercheurs se sont-ils intéressés à ce type spécifique de cancer du poumon résistant au géfitinib ?

Les cancers du poumon porteurs de mutations de l’EGFR, comme ceux étudiés, développent souvent une résistance au géfitinib en activant des mécanismes compensatoires pour proliférer malgré le traitement. Les chercheurs ont supposé que ces cellules résistantes pourraient présenter des faiblesses exploitables, notamment en perturbant leur capacité à gérer le stress cellulaire lié à la réplication de l’ADN.

Ce que ça pourrait changer

Si ces résultats étaient confirmés par des essais cliniques, cette approche pourrait ouvrir la voie à des thérapies combinées moins coûteuses et plus accessibles pour les cancers résistants, réduisant ainsi la pression sur les systèmes de santé. Cependant, la prudence s’impose : l’efficacité chez l’humain n’est pas garantie, et les effets secondaires potentiels du mébendazole à long terme devront être évalués avec rigueur.

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