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PHILOSOPHIE

Peut-on encore croire au paysage ?

Source unique·1 oct.

L’été 2026 a offert un miroir déformant de l’Europe, où les paysages, autrefois perçus comme des décors stables, se sont révélés comme des milieux vivants et fragiles, brutalement altérés par les canicules et les sécheresses. Jean-Marc Besse interroge ici la crise de confiance dans le paysage, non plus comme objet esthétique, mais comme fondement même de nos existences collectives et individuelles, révélant ainsi l’urgence d’une pensée écologique qui dépasse le simple constat environnemental.

Quels phénomènes concrets ont révélé la fragilité des paysages européens en 2026 ?

L’article évoque des incendies d’une violence et d’une étendue inédites, touchant des régions variées du continent, ainsi que l’assèchement de cours d’eau majeurs comme le Rhin et le Pô. La sécheresse des sols, la mort des végétaux et la désertification des espaces urbains sous l’effet des canicules ont également marqué les esprits, transformant des paysages familiers en espaces de désolation et de suffocation.

Pourquoi le paysage ne peut-il plus être réduit à un simple décor ?

Besse souligne que le paysage n’est pas un cadre inerte, mais un milieu de vie dont la dégradation a des répercussions existentielles, économiques et sanitaires. La destruction des paysages ordinaires, perçus comme des repères stables, génère une forme de détresse psychique et sociale, illustrant leur rôle central dans la construction de nos identités et de nos modes de vie.

Quelles critiques des modèles économiques et politiques sont avancées pour expliquer cette crise ?

L’article pointe du doigt les conceptions extractivistes et productivistes de la vie humaine, qui ont sédimenté des pratiques destructrices. Ces modèles, fondés sur l’exploitation intensive des ressources et la domination de la nature, sont présentés comme les causes profondes de la dégradation des paysages, révélant ainsi l’impasse d’un système qui nie les limites écologiques.

Quel concept philosophique pourrait éclairer la souffrance liée à la destruction des paysages ?

Besse mentionne la solastalgie, un néologisme forgé par Glenn Albrecht pour désigner la douleur provoquée par la transformation ou la disparition de son environnement proche. Ce concept permet de saisir l’ampleur des traumatismes psychiques et émotionnels subis par les populations confrontées à la dégradation de leurs paysages familiers.

Ce que ça pourrait changer

Cette crise du paysage pourrait accélérer une remise en question des modèles de développement dominants, en imposant une réflexion sur la nécessité de repenser nos formes de vie et nos relations avec les milieux naturels. Elle interroge aussi la capacité des sociétés à inventer de nouvelles formes de coexistence avec l’environnement, au-delà des approches purement technocratiques ou esthétisantes.

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