Face aux chaleurs records, la Corée du Nord conseille de manger de la viande de chien
Alors que la péninsule coréenne subit une canicule historique avec des températures dépassant les 36°C à Pyongyang et frôlant les 40°C ailleurs, le régime nord-coréen mise sur une solution à la fois sanitaire et idéologique : promouvoir la consommation de viande de chien. Cette recommandation, présentée comme un remède contre les coups de chaleur, révèle une stratégie de communication où santé publique et propagande s’entremêlent, dans un contexte de crise climatique et de tensions régionales.
Quels conseils sanitaires la Corée du Nord a-t-elle prodigués face à la canicule ?
Les autorités nord-coréennes, via le Rodong Sinmun, ont recommandé à la population de consommer des aliments rafraîchissants comme la pastèque, les haricots mungo et les concombres, tout en mettant en avant des aliments hautement nutritifs, dont la soupe à base de viande de chien (dangogi guk), les porridges de poisson et aux haricots rouges. La viande de chien y est présentée comme un moyen de lutter contre les coups de chaleur, une pratique déjà valorisée historiquement par le régime.
Comment la Corée du Sud réagit-elle face à cette recommandation nord-coréenne ?
La Corée du Sud, qui a adopté en 2024 une loi interdisant l’élevage et la consommation de chiens, incarne une opposition frontale à cette pratique. Le texte sud-coréen, entré en vigueur progressivement, prévoit une période transitoire jusqu’en février 2027 avant l’application de sanctions pénales (jusqu’à trois ans de prison et 30 millions de wons d’amende). Cette divergence illustre un clivage culturel et politique entre les deux Corées, où la viande de chien reste un symbole de tradition pour Pyongyang et un tabou pour Séoul.
Quelle est la portée symbolique de cette recommandation nord-coréenne ?
Pour le régime de Kim Jong-un, la promotion de la viande de chien dépasse le cadre sanitaire : elle s’inscrit dans une logique de mobilisation patriotique face aux défis climatiques, tout en renforçant l’identité nationale. Les concours annuels de dangogi guk à Pyongyang, comme celui organisé fin juillet 2026, montrent comment le pouvoir instrumentalise cette pratique pour créer du lien social et afficher une résilience face aux adversités, y compris environnementales.
Quelles limites cette recommandation révèle-t-elle sur la gestion de la crise climatique en Corée du Nord ?
La promotion d’un aliment coûteux et controversé comme la viande de chien, alors que la population souffre de pénuries alimentaires chroniques, souligne les contradictions d’un système où les solutions proposées reflètent davantage une communication politique qu’une réponse adaptée aux besoins réels. Cette approche révèle aussi l’incapacité du régime à proposer des alternatives durables face aux canicules, malgré l’urgence climatique.
Ce que ça pourrait changer
Cette recommandation pourrait accentuer les tensions entre les deux Corées, déjà exacerbées par leurs divergences culturelles et politiques. Sur le plan interne, elle risque de creuser les inégalités sociales, la viande de chien étant un produit de luxe inaccessible à une grande partie de la population. Enfin, elle met en lumière l’incapacité des régimes autoritaires à anticiper les crises climatiques par des politiques publiques adaptées, préférant des solutions symboliques et idéologiques.

