Les sols vivants à la croisée de l'art et du droit
Alors que l’articulation entre sols vivants et droit émerge comme un enjeu transversal, ce colloque à Tours interroge les limites des cadres juridiques actuels pour protéger des écosystèmes souterrains souvent invisibilisés. En croisant les approches scientifiques et artistiques, l’événement pose la question d’une reconnaissance juridique inédite des sols, à l’heure où les politiques d’aménagement butent sur des logiques de ZAN (zéro artificialisation nette) encore mal intégrées dans les pratiques locales.
Quels acteurs scientifiques et institutionnels se mobilisent autour de la protection des sols dans ce colloque ?
Le colloque rassemble des chercheurs en droit, pédologie, géographie, aménagement, archéologie et bactériologie, issus notamment de l’équipe POPSU, de l’Université de Tours et du CNRS, ainsi que des représentants de Tours Métropole Val de Loire. L’artiste en résidence PieR Gajewski y joue un rôle central en articulant les dimensions scientifiques et artistiques, notamment à travers son exposition L’horizon sous nos pieds.
Quels dispositifs concrets sont évoqués pour mieux connaître et protéger les sols du territoire métropolitain ?
Plusieurs pistes sont présentées : un observatoire des sols pour centraliser les données, des études pédologiques et juridiques sur la multifonctionnalité des sols (ex. : à Ballan-Miré), ainsi que des réflexions sur l’AOP et labels pour valoriser les sols viticoles. La cartographie des sols, notamment ceux du parc du château de la Bourdaisière, et la perception du ZAN par les communes sont aussi abordées comme outils de connaissance et de sensibilisation.
Comment l’art peut-il contribuer à repenser le droit des sols, selon les intervenants ?
L’art est présenté comme un levier pour dénaturaliser la perception des sols en les rendant visibles et tangibles, via des œuvres comme celles de PieR Gajewski qui croisent science et création. Des interventions comme « S’il vous plaît, dessine-moi un sol vivant » suggèrent que l’art peut aussi inspirer des formulations juridiques plus accessibles, voire des labourages juridiques pour repenser la gestion collective des sols.
Ce que ça pourrait changer
Ce colloque pourrait accélérer l’émergence de cadres juridiques plus protecteurs pour les sols, en combinant expertise scientifique et médiation artistique pour contourner les blocages politiques. Il interroge aussi la capacité des métropoles à concilier ZAN et préservation des fonctions écologiques des sols, dans un contexte où l’art et le droit peinent encore à dialoguer de manière opérationnelle.

