NapseflowNapseflow
RECHERCHE

Comment des crottes de brebis ou du crottin de chevaux sauvages peuvent modifier un paysage

Source unique·il y a 10 j

La domestication des herbivores a profondément transformé les écosystèmes européens, remplaçant les ongulés sauvages par des troupeaux contrôlés. Une étude récente sur le Causse Méjean révèle comment cette substitution modifie les interactions entre déjections animales et bousiers, ces insectes coprophages qui jouent un rôle clé dans le recyclage des nutriments. Les résultats soulignent que la diversité des modes de pâturage, loin de n’être qu’un détail technique, influence directement le fonctionnement des écosystèmes, posant la question de leur gestion future dans un contexte de réensauvagement partiel.

Pourquoi comparer les déjections de brebis, de chevaux domestiques et de chevaux de Przewalski sur un même territoire comme le Causse Méjean ?

Le Causse Méjean offre une situation unique où coexistent, sur un même plateau calcaire, trois types d’herbivores aux modes de gestion et d’alimentation radicalement différents : des brebis domestiques pâturant depuis plus de mille ans, des chevaux domestiques élevés de manière extensive pour les courses d’endurance, et des chevaux de Przewalski réintroduits en 1993 pour la préservation de l’espèce après une captivité exclusive en parc zoologique entre 1969 et 1992. Cette diversité permet d’évaluer l’impact différencié de ces herbivores sur les écosystèmes, notamment via leurs déjections et les bousiers qui les recyclent.

Quelles différences chimiques et physiques entre les déjections des trois types d’herbivores influencent leur traitement par les bousiers ?

Les déjections des brebis, ruminants, sont moins humides et moins riches en fibres végétales non digérées, mais plus concentrées en azote, un nutriment clé pour les bousiers. À l’inverse, les crottins des chevaux domestiques, monogastriques, contiennent davantage de fibres indigestes. Les crottins des chevaux de Przewalski occupent une position intermédiaire, avec un microbiome plus diversifié que celui des chevaux domestiques, probablement en raison de leur autonomie alimentaire et sanitaire. Ces variations influencent directement la qualité nutritive des déjections pour les bousiers.

Comment les bousiers réagissent-ils à la répartition spatiale et temporelle des déjections selon le type d’herbivore ?

Les brebis défèquent de manière concentrée après des phases de repos, créant des zones riches en ressources mais localisées, tandis que les chevaux domestiques répartissent leurs crottins de façon plus uniforme dans le temps et l’espace. Les chevaux de Przewalski, organisés en groupes familiaux, produisent des piles de crottins pouvant atteindre un mètre de diamètre, utilisées comme supports de communication. Ces différences modulent l’abondance et la répartition des espèces de bousiers, avec des conséquences sur la dégradation des déjections : les brebis favorisent des espèces exportant rapidement les nutriments, tandis que les takhi attirent des espèces pondant directement dans les amas de crottins.

Pourquoi la dégradation des déjections n’est-elle pas toujours corrélée à l’abondance des bousiers ?

L’étude révèle que les crottes de brebis, plus facilement assimilables, sont davantage visitées par des espèces de bousiers qui exportent rapidement les matières fécales, accélérant leur dégradation. En revanche, les crottins de chevaux domestiques, moins nutritifs mais plus abondants, attirent un grand nombre de bousiers sans pour autant être dégradés plus vite. Les takhi, avec leurs amas de crottins, favorisent des espèces pondant à l’intérieur des déjections, modifiant ainsi le mode de recyclage. Ainsi, la qualité des ressources compte autant que leur quantité pour le fonctionnement de l’écosystème.

Ce que ça pourrait changer

Ces résultats invitent à repenser la gestion des paysages pâturés en favorisant la diversité des herbivores et des modes de pâturage plutôt qu’une approche unifiée. Une telle cohabitation pourrait concilier préservation des écosystèmes, réensauvagement partiel et activités économiques locales, tout en maintenant des fonctions écologiques essentielles comme le recyclage des nutriments. Cependant, cette approche nécessite une vigilance accrue sur l’impact des réintroductions d’ongulés sauvages, dont les effets sur les guildes animales existantes restent partiellement prévisibles.

Voir aussi

Plus de contenus dans cette catégorie →

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.