Qui aime Hydro?
L’électricité québécoise, symbole d’autonomie énergétique, devient un enjeu électoral où se mêlent ingérences fédérales et stratégies commerciales. Entre subventions fédérales record pour Churchill Falls, menaces de suspension des exportations vers les États-Unis et divisions partisanes sur l’usage de cette ressource, Hydro-Québec incarne désormais les tensions entre souveraineté provinciale et dépendances économiques. L’article interroge la rationalité de ces postures, alors que les réalités techniques et les rapports de force géopolitiques en limitent la portée.
Pourquoi le Parti québécois (PQ) s’oppose-t-il aux subventions fédérales pour Churchill Falls, alors que même un gouvernement souverainiste pourrait en bénéficier ?
Le PQ dénonce une ingérence fédérale dans un dossier provincial, craignant une normalisation des interventions d’Ottawa dans les affaires énergétiques du Québec. Pourtant, l’accord de 2024, facilité par le fédéral, offre des avantages financiers majeurs pour Hydro-Québec (6,5 milliards en garanties et crédits d’impôt), ce qui rend peu probable un retrait péquiste, malgré les critiques initiales de Paul St-Pierre Plamondon contre Christine Fréchette.
Quels sont les risques concrets pour le Québec si l’électricité était utilisée comme levier commercial contre les États-Unis ?
Une suspension des exportations vers les États-Unis, envisagée par la CAQ et le PLQ, aggraverait la dépendance énergétique du Québec. Hydro-Québec, déjà importatrice nette d’électricité depuis 2025, dépend des achats américains pour remplir ses réservoirs et couvrir les pics de demande hivernale. Les États-Unis pourraient compenser cette perte, mais le Québec perdrait des revenus (3 milliards en 2025) et s’exposerait à des représailles commerciales, comme l’a montré l’escalade tarifaire de 2025.
Pourquoi les exportations d’électricité vers les États-Unis sont-elles en déclin depuis 2025 ?
La baisse des exportations s’explique par le faible niveau d’eau dans les réservoirs d’Hydro-Québec, lié à des conditions hydrologiques défavorables. Cette situation a forcé la société d’État à importer de l’électricité américaine pour répondre à la demande québécoise, notamment en hiver, tout en exportant lors des pics estivaux dans le Nord-Est américain pour profiter des prix élevés.
Ce que ça pourrait changer
La politisation de l’électricité québécoise pourrait affaiblir la crédibilité du Québec comme partenaire énergétique stable, tant pour les États-Unis que pour les investisseurs. Les divisions partisanes sur l’usage de cette ressource risquent aussi de masquer les défis structurels : dépendance aux importations, vulnérabilité aux aléas climatiques et limites des leviers commerciaux dans un marché nord-américain intégré. À l’approche des élections, la tentation du court-termisme électoral pourrait primer sur une vision stratégique à long terme.

