En Europe, le salaire moyen ne permet souvent plus l’achat d’un appartement de 75 m²
L’accès à la propriété en Europe se heurte désormais à une réalité implacable : pour plus des deux tiers des ménages de classe moyenne, l’achat d’un logement de 75 m², considéré comme une surface de référence pour une famille, relève du rêve inaccessible. Une étude cartographique inédite, basée sur 22 millions d’annonces immobilières dans 31 pays, révèle l’ampleur d’une crise du logement qui transcende les frontières, transformant un droit fondamental en privilège réservé à une minorité.
Quelle méthodologie a été utilisée pour évaluer l’accessibilité au logement en Europe ?
Deux chercheurs de l’Université technique de Vienne ont analysé 22 millions d’annonces immobilières publiées dans 31 pays européens. Leur approche a consisté à croiser ces données avec les revenus régionaux moyens pour établir une cartographie de l’accessibilité, en calculant notamment la surface immobilière qu’un ménage peut espérer obtenir avec un salaire local. Cette méthode comble un vide, car aucune étude comparative à l’échelle continentale n’avait été menée jusqu’alors.
Quels enseignements concrets ressortent de cette analyse cartographique ?
Les résultats montrent que, dans la majorité des pays européens, même en souscrivant un prêt immobilier sur trente ans, un salaire moyen ne permet plus d’acquérir un appartement de 75 m². Cette situation touche particulièrement les classes moyennes, dont le pouvoir d’achat immobilier s’est érodé face à la flambée des prix, rendant le logement familial inaccessible dans de nombreuses régions.
Pourquoi cette étude se concentre-t-elle sur une surface de référence de 75 m² ?
La surface de 75 m² est présentée comme un étalon de référence pour un logement familial « standard » en Europe. En choisissant ce seuil, les chercheurs visent à illustrer l’écart croissant entre les aspirations des ménages et les réalités du marché, où l’accès à un espace de vie décent devient un luxe pour une part croissante de la population.
Ce que ça pourrait changer
Cette crise du logement, désormais généralisée, pourrait redéfinir les priorités politiques en Europe, avec un risque accru de tensions sociales et de polarisation entre propriétaires et locataires. Elle interroge aussi la viabilité des modèles économiques fondés sur l’accès à la propriété, poussant à repenser les politiques publiques en matière de logement abordable et de régulation des prix.

