Une crise de sens
La montée des inégalités et l’effritement des services publics ne sont que les symptômes visibles d’une crise plus profonde : l’effondrement des récits collectifs capables d’unir les sociétés. Cet article interroge les fondements d’un Nous politique aujourd’hui miné par des imaginaires publics diviseurs et propose une refonte radicale de l’empathie comme levier de transformation sociale et internationale, entre care et pluriversalité.
Quels mécanismes l’article identifie-t-il comme responsables de la fragmentation des imaginaires collectifs ?
L’article pointe du doigt la construction par les pouvoirs publics d’un Nous exclusif, où les minorités (femmes voilées, Autochtones, immigrants) sont désignées comme boucs émissaires des dysfonctionnements systémiques. Ces narratifs, en naturalisant les divisions, empêchent toute vision alternative de la coexistence et affaiblissent les luttes politiques globales au profit de conflits internes artificiels.
Quel rôle joue l’empathie dans la proposition politique défendue par l’autrice ?
L’empathie y est présentée comme une éthique de la relationnalité et du care, fondement d’un projet politique de justice sociale. Elle dépasse le simple sentiment pour devenir un ensemble de pratiques visant à réparer et maintenir les interrelations sociales, condition sine qua non d’un Nous pluriversel où chaque individu est reconnu comme citoyen à part entière.
Pourquoi l’autrice rejette-t-elle l’universalisme impérial et qu’alternative propose-t-elle ?
L’universalisme impérial, qui exige l’effacement des particularismes pour un Nous abstrait, est critiqué car il reproduit des rapports de domination. L’alternative avancée est un pluriversalisme : un cadre où coexistent plusieurs mondes sans hiérarchie, où l’humanité s’universalise à partir de sa diversité, inspirée des visions de Césaire et Fanon.
Ce que ça pourrait changer
Ce cadre théorique pourrait inspirer des politiques publiques fondées sur la redistribution et la reconnaissance des différences, mais son application concrète reste incertaine face à la persistance des logiques identitaires et des intérêts nationaux. Il soulève aussi la question de la viabilité d’un care à l’échelle internationale, dans un contexte où les institutions multilatérales s’effritent et où les engagements moraux reculent.

