Ces sites qui ne veulent plus être inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco
L’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, autrefois perçue comme un sésame pour la préservation et la reconnaissance internationale, est aujourd’hui contestée par certains sites qui subissent les effets pervers d’une notoriété devenue contre-productive. Entre surtourisme, gentrification et transformation des lieux de vie en attractions muséales, le label onusien révèle ses limites face à l’essor des réseaux sociaux et à la pression des flux touristiques, poussant des communautés locales à demander leur retrait de la liste prestigieuse.
Pourquoi certains sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco souhaitent-ils désormais être désinscrits ?
La principale raison invoquée est le surtourisme, amplifié par les réseaux sociaux, qui transforme des lieux de vie en attractions touristiques surpeuplées. Ce phénomène s’accompagne d’une gentrification des quartiers, d’une hausse des prix et d’une dégradation du cadre de vie des habitants, poussant des sites comme le village slovaque de Vlkolinec ou la zone de conservation de Ngorongoro en Tanzanie à demander leur retrait de la liste.
Quels sont les effets concrets du label Unesco sur les sites concernés aujourd’hui, contrairement à sa mission initiale ?
À l’origine conçu pour protéger les sites menacés par les conflits ou l’industrialisation, le label Unesco est désormais critiqué pour avoir contribué à une « muséification » des lieux, c’est-à-dire leur transformation en espaces dédiés aux visiteurs au détriment des populations locales. Des exemples comme Angkor au Cambodge illustrent cette évolution, où la restauration financée par l’Unesco a aussi favorisé une explosion du tourisme de masse.
Quels sites ont déjà réussi à quitter la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, et dans quelles conditions ?
Seuls trois sites ont été désinscrits de la liste du patrimoine mondial : le sanctuaire de l’oryx arabe d’Oman, la vallée de l’Elbe à Dresde, et le port marchand de Liverpool. Ces retraits restent exceptionnels et s’inscrivent dans des contextes spécifiques, souvent liés à des conflits d’usage ou à des désaccords sur la gestion du site.
Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans la remise en cause du label Unesco ?
Les réseaux sociaux accélèrent la viralité des sites inscrits, attirant des flux touristiques massifs et incontrôlés. Cette médiatisation instantanée transforme des lieux méconnus en destinations incontournables, exacerbant les problèmes de surtourisme et de pression sur les infrastructures locales, ce qui pousse certains sites à rejeter le label malgré ses avantages initiaux.
Ce que ça pourrait changer
Cette tendance pourrait conduire l’Unesco à réviser ses critères d’inscription pour mieux concilier préservation et viabilité sociale, ou à développer des mécanismes de régulation du tourisme. À plus long terme, elle interroge la pertinence d’un label conçu pour des enjeux du XXe siècle face aux défis du XXIe siècle, où la protection des sites doit s’accompagner de celle des modes de vie locaux.

