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GÉNÉRALISTE

L’entreprise d’IA canadienne Cohere refuse la décélération

Source unique·il y a 6 j

L’appel à une pause dans le développement de l’intelligence artificielle (IA), porté par les géants américains de la Silicon Valley, cache selon Cohere une stratégie de cartel déguisé en régulation. En opposant une vision « fondée sur des preuves » à un cadre coordonné par quelques acteurs dominants, l’entreprise canadienne interroge la légitimité des garde-fous proposés et leur impact sur l’équilibre concurrentiel du secteur.

Pourquoi Cohere rejette-t-elle l’idée d’un ralentissement du développement de l’IA défendue par Anthropic, OpenAI et xAI ?

Aidan Gomez, p.-d.g. de Cohere, y voit une manœuvre visant à instaurer un cartel déguisé en régulation, où une poignée de laboratoires américains imposeraient des normes communes pour éliminer la concurrence. Il dénonce l’instrumentalisation de la peur des risques existentiels pour justifier un contrôle accru sur le secteur, au détriment de la liberté d’innovation et de la diversité des acteurs.

Quel rôle le Canada joue-t-il dans ce débat, selon l’article ?

Le gouvernement canadien, par la voix du premier ministre Mark Carney et du ministre Evan Solomon, défend une approche pragmatique, en mettant l’accent sur l’encadrement des usages les plus dangereux de l’IA (comme les hypertrucages ou la modulation des prix) plutôt que sur un ralentissement général. Cohere, partenaire public-privé, prône quant à elle un cadre international transparent et fondé sur des tests périodiques des modèles, positionnant le Canada comme alternative crédible aux modèles américains.

Quels sont les exemples historiques cités par Cohere pour étayer sa critique des régulations proposées ?

Aidan Gomez compare la proposition d’Anthropic à la mainmise des agences de notation avant la crise des subprimes ou aux exceptions aux lois antimonopole dans l’industrie automobile européenne des années 1980. Dans les deux cas, l’objectif affiché était la sécurité, mais le résultat a été une concentration du pouvoir entre les mains des acteurs dominants, au détriment de la concurrence et de l’intérêt public.

Ce que ça pourrait changer

Si la thèse de Cohere se confirme, le débat sur la régulation de l’IA pourrait basculer vers une confrontation géopolitique, opposant une vision décentralisée et collaborative à une gouvernance monopolistique. Les entreprises non américaines, comme Cohere, pourraient gagner en influence en proposant des alternatives perçues comme plus équitables, tandis que les régulateurs devront arbitrer entre sécurité et innovation sans tomber dans le piège des cartels déguisés.

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