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ÉCONOMIE

Un budget qui « rattrape le réel »

Source unique·il y a 9 j

Le budget 2027 présenté par le gouvernement français incarne une rupture avec les logiques keynésiennes adoptées lors des crises précédentes, au nom d'une prétendue « réalité » économique. Pourtant, cette austérité budgétaire survient dans un contexte de dégradation sociale et économique sans précédent, où les inégalités et la pauvreté atteignent des records, tandis que la croissance s’effondre. L’article interroge la pertinence d’un tel virage, alors que les risques de fragilisation supplémentaire de l’économie et de crise de la dette se précisent.

Quelles sont les principales contraintes économiques qui pèsent sur le gouvernement pour élaborer ce budget ?

Le gouvernement doit composer avec une dégradation marquée de la situation économique : chômage à 8,3 %, croissance atone (–0,2 % au premier trimestre 2026, 0 % au deuxième), inflation remontée à 3 % en septembre portée par l’énergie et les produits frais, et un pouvoir d’achat en baisse depuis 2025. À cela s’ajoutent une dette publique à 115 % du PIB, un spread de 150 points de base avec l’Allemagne sur les obligations à dix ans, et une charge de la dette qui s’alourdit mécaniquement avec des taux d’intérêt élevés.

Pourquoi le gouvernement justifie-t-il ce budget restrictif par la nécessité de « rattraper le réel » ?

Le Premier ministre invoque une dette insoutenable et des taux d’intérêt en hausse pour justifier un effort structurel primaire de 1,2 % du PIB en 2027, visant à réduire le déficit de 5,4 % à 5 %. Cette austérité s’accompagne d’une baisse des dépenses publiques (de 57,1 % à 56,9 % du PIB) et d’une hausse des prélèvements obligatoires (de 43,9 % à 44,2 %), malgré des perspectives de croissance (1 %) et d’inflation (1,7 %) jugées irréalistes. L’objectif affiché est d’éviter un « accident » sur la dette française, dans un contexte où les hedge funds détiennent la moitié des échanges sur les titres obligataires européens.

Quels choix budgétaires contestables sont pointés par l’article ?

Le budget est critiqué pour son caractère injuste et contre-productif : baisse des APL, gel du point d’indice et des retraites dès 1 260 euros (alors que le seuil de pauvreté est à 1 114 euros), augmentation des restes à charge pour les malades, ou encore recentrage des allocations de rentrée. L’article dénonce aussi l’absence de réforme fiscale ciblant les très gros héritages (60 % de la fortune est désormais héritée) et l’abandon de mesures comme la surtaxe pour les grands groupes, alors que la France est le deuxième pays mondial en termes de dividendes versés.

Ce que ça pourrait changer

Ce budget risque d’aggraver la récession en freinant consommation et investissement, tout en alimentant les tensions sociales. À plus long terme, une telle stratégie pourrait précipiter une crise de la dette si la croissance ne redémarre pas, ou conduire à une intervention de la BCE pour éviter un effondrement financier. Politiquement, elle pourrait aussi accélérer l’ascension de l’extrême droite, dont le gouvernement cherche pourtant à obtenir une abstention « responsable » pour faire adopter son texte.

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