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ENVIRONNEMENT

«La parole des scientifiques est bafouée» : le Conseil européen s’accorde sur le prolongement des autorisations de nombreux pesticides

Source unique·il y a 14 j

Le Conseil européen a validé une version définitive du paquet législatif «Omnibus X», qui prolonge de manière significative les autorisations de nombreux pesticides, malgré les alertes répétées de la communauté scientifique. Ce compromis, présenté comme une simplification administrative, s’inscrit dans une logique de priorité donnée à la production agricole au détriment des évaluations sanitaires et environnementales, suscitant l’indignation des ONG et des experts.

Quelles substances pesticides sont directement concernées par les prolongations d’autorisation dans le cadre de l’Omnibus X ?

Parmi les substances dont les autorisations sont prolongées figurent le glyphosate, l’acétamipride et le captane. Le glyphosate et l’acétamipride ne seraient pas réexaminés avant 2043, tandis que le captane pourrait rester sur le marché jusqu’en 2049 sans nouvelle évaluation de sa dangerosité.

Qui sont les principaux acteurs opposés à ce texte et pour quelles raisons ?

Plus de 500 scientifiques et médecins, ainsi que des ONG comme Générations futures et PAN Europe, dénoncent ce texte. Ils critiquent un détricotage des règles européennes de protection de la santé et de l’environnement, ainsi qu’un mépris affiché pour les données scientifiques, notamment en allongeant les délais d’évaluation et en réduisant les possibilités d’interdiction de substances jugées dangereuses.

Quel est le mécanisme central introduit par l’Omnibus X qui suscite le plus de critiques ?

Le texte prévoit des autorisations sans limite de durée pour les molécules considérées comme « à faible risque », ce qui rompt avec la logique européenne de réévaluation systématique de la toxicité des substances. Pour les autres pesticides, la durée d’approbation passe à quinze ans pour la première autorisation et vingt-cinq ans pour les renouvellements, contre dix et quinze ans actuellement.

Quelles concessions ont été ajoutées au compromis par rapport à la version initiale du texte ?

Le compromis inclut quelques garde-fous supplémentaires, comme la possibilité pour les États de demander des évaluations ciblées en cas de doute sur la toxicité d’une substance. Cependant, il conserve l’allongement des délais de grâce accordés aux industriels pour écouler leurs stocks après une interdiction, passant de un an et demi à trois ans, et facilite l’obtention de dérogations pour des pesticides interdits au nom de la « production ».

Ce que ça pourrait changer

Ce texte pourrait retarder de plusieurs années l’interdiction de pesticides dangereux, malgré les avancées scientifiques récentes, et affaiblir la capacité des États à protéger la santé publique et les écosystèmes. Les mobilisations prévues en France et les négociations à venir avec le Parlement européen pourraient encore modifier le cours de ce projet, mais son adoption marquerait un recul significatif dans la régulation des substances chimiques en Europe.

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