Le monde adopte un plan commun face à un crime numérique qui évolue sans cesse
Face à une criminalité numérique en mutation accélérée, les États membres de l’ONU ont adopté une Déclaration commune à Abou Dhabi, marquant un tournant dans la coopération internationale. Cet accord, centré sur l’adaptation des systèmes judiciaires et l’utilisation éthique des technologies, soulève des questions sur sa mise en œuvre effective et son impact réel sur les populations les plus vulnérables.
Quels sont les principaux défis criminels identifiés par la Déclaration d’Abou Dhabi ?
La Déclaration met en lumière l’émergence de modèles criminels innovants, comme le « crime en tant que service » ou la « violence en tant que service », où des infrastructures et technologies sont détournées à des fins illicites. Elle souligne aussi la capacité des réseaux criminels à exploiter les failles transnationales et les progrès technologiques pour diversifier leurs activités, notamment via les plateformes numériques et les monnaies virtuelles.
Qui sont les acteurs clés de ce Congrès et quels engagements ont-ils pris ?
Le 15e Congrès des Nations Unies sur la criminalité, organisé à Abou Dhabi, réunit plus de 5 100 participants issus de 119 pays, dont plus de 40 ministres de la Justice. Les gouvernements participants se sont engagés à mettre en œuvre la Déclaration d’Abou Dhabi via l’initiative Pledge4Justice, en annonçant des actions concrètes assorties d’échéances d’ici 2031, notamment dans la numérisation des systèmes judiciaires et l’utilisation de l’intelligence artificielle sous contrôle humain.
Pourquoi la protection des populations vulnérables est-elle au cœur des débats ?
La Directrice exécutive de l’ONUDC, Monica Juma, a insisté sur la nécessité de recentrer les efforts sur les groupes les plus exposés, comme les enfants recrutés par des gangs, les femmes victimes de violences en ligne ou les jeunes piégés dans des escroqueries numériques. Elle a qualifié cette protection de « boussole » du Congrès, rappelant que la justice doit être accessible à tous et non un privilège.
Quelles garanties accompagnent l’utilisation des nouvelles technologies dans la justice pénale ?
La Déclaration insiste sur des principes fondamentaux pour encadrer l’innovation technologique : contrôle humain, transparence des processus, respect strict des procédures et protection des données personnelles. Ces garde-fous visent à éviter que l’IA ou la numérisation ne deviennent des outils de discrimination ou d’exclusion dans l’accès à la justice.
Ce que ça pourrait changer
Cette Déclaration pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la criminalité numérique, à condition que les engagements pris se traduisent par des réformes concrètes et une coopération internationale renforcée. Cependant, son efficacité dépendra de la capacité des États à concilier innovation technologique et protection des droits fondamentaux, sans laisser les populations les plus fragiles à l’écart des avancées promises.

