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GÉOPOLITIQUE

Et si la vraie révolution technologique n’était pas l’IA ?

Source unique·il y a 20 j

L’IA monopolise l’attention médiatique comme révolution technologique majeure, mais une autre transformation, plus discrète, pourrait s’avérer bien plus structurante : la triade des technologies propres (TTP), combinant solaire, batteries et véhicules électriques. Cet ensemble, déjà en cours d’adoption massive, répond à des défis systémiques — climat, énergie, productivité — et redéfinit les rapports de force géoéconomiques, là où l’IA reste un pari incertain et coûteux.

Pourquoi la triade des technologies propres (TTP) pourrait-elle devenir le fondement d’un nouveau paradigme techno-économique (PTE) plutôt que l’IA ?

La TTP répond aux six critères d’un PTE identifiés par Carlota Perez : elle est inépuisable, voit ses coûts baisser continûment, a des applications multiples (énergie, transports, industrie), et répond à des besoins fondamentaux comme l’accès à l’eau ou à une alimentation durable. À l’inverse, l’IA, bien que prometteuse, reste un investissement spéculatif et non rentable, concentré entre les mains de quelques géants américains, sans garantie de baisse durable des coûts ou de diffusion massive.

Quels sont les indicateurs concrets de l’échec relatif de l’IA à remplir les critères d’un PTE, malgré les investissements colossaux ?

Malgré des valorisations dépassant les 1 000 milliards de dollars pour des entreprises comme OpenAI ou Anthropic, ces dernières affichent des pertes annuelles (8 milliards pour OpenAI en 2025, des milliards pour Anthropic), tout en devant subventionner l’usage de leurs services. Les coûts unitaires de l’IA, après une baisse initiale, repartent à la hausse en 2026, et les infrastructures nécessaires (centres de données) exigent des dépenses en capital massives et non rentabilisées à court terme.

Comment la Chine conteste-t-elle l’hégémonie américaine dans les deux principaux PTE actuels — combustibles fossiles et semi-conducteurs — et quel rôle joue la TTP dans cette stratégie ?

La Chine défie les États-Unis dans l’énergie fossile via la TTP, qui réduit la dépendance au pétrole et permet une autonomie énergétique. Dans les semi-conducteurs, elle développe une pile informatique parallèle, échappant au contrôle américain. Ces deux fronts menacent la domination des États-Unis, qui tentent de freiner l’essor chinois via des sanctions technologiques, notamment sur les semi-conducteurs.

Quel est l’impact macroéconomique de l’engouement pour l’IA aux États-Unis, et pourquoi cela pose-t-il un risque systémique ?

L’IA contribue significativement à la croissance du PIB américain (jusqu’à 1,3 point de pourcentage au T1 2025), mais repose sur un modèle spéculatif où les investissements (1 000 milliards de dollars prévus en 2027) dépassent largement les revenus générés. Cette dynamique crée une bulle potentielle, comparable à celle de l’Internet des années 1990, avec des actifs (centres de données) rapidement obsolètes et une concentration du risque entre quelques acteurs.

Ce que ça pourrait changer

Si la TTP s’impose comme nouveau PTE, elle pourrait redistribuer les cartes géoéconomiques en faveur des pays maîtrisant ces technologies, tout en accélérant la transition énergétique. À l’inverse, l’échec de l’IA à devenir un PTE viable risquerait de fragiliser les économies dépendantes de cette spéculation, notamment les États-Unis, où la croissance repose sur un pari non rentable. La rivalité sino-américaine sur ces deux fronts pourrait aussi redéfinir les alliances technologiques et énergétiques mondiales.

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