Le PQ, le PLQ et QS s’accordent sur comment améliorer la santé mentale
L’unanimité des partis d’opposition sur les leviers à actionner pour améliorer la santé mentale au Québec masque une divergence plus profonde : celle des moyens financiers. Lors d’un débat organisé par la Coalition communautaire en santé mentale, le PQ, le PLQ et QS ont convergé sur des principes comme le financement accru des organismes communautaires et la réduction de la bureaucratie, mais sans pouvoir chiffrer leurs engagements, laissant planer l’incertitude sur leur crédibilité électorale.
Quels sont les points d’accord concrets entre les trois partis sur la santé mentale ?
Les trois partis s’entendent sur la nécessité de mieux financer les organismes communautaires, de renforcer la prévention et d’améliorer les conditions de vie, notamment via une offre accrue de logements abordables. Ils prônent aussi un financement plus stable pour ces organismes, plutôt que des subventions ponctuelles et non renouvelées, et souhaitent réduire leur fardeau bureaucratique.
Pourquoi l’absence de la CAQ et du PCQ lors de ce débat est-elle significative ?
Le désistement de la CAQ et du PCQ, qui n’ont pas participé à l’événement, suggère une divergence stratégique sur la santé mentale. Alors que les trois partis présents critiquent ouvertement le bilan du gouvernement sortant — notamment les Aires ouvertes — la CAQ défend son action, qualifiant son réseau de « succès majeur », ce qui révèle un clivage sur l’évaluation des politiques publiques en place.
Quels reproches les partis d’opposition adressent-ils au gouvernement actuel ?
Elisabeth Prass (PLQ) questionne l’efficacité des Aires ouvertes, suggérant un manque de coordination ou de ciblage des jeunes, tandis que Camille Pellerin-Forget (PQ) critique une mesure fiscale récente — l’abolition de la TVQ sur certains produits d’épicerie — qui priverait l’État de 100 millions de dollars annuels, une somme que le PQ propose de rediriger vers les banques alimentaires, liées à la santé mentale.
Pourquoi les candidats évitent-ils de préciser leurs engagements financiers sur la santé mentale ?
Les trois candidats ont admis ne pas pouvoir chiffrer leurs promesses en santé mentale, faute de cadres financiers dévoilés. Cette opacité reflète une stratégie électorale prudente, mais aussi une incertitude sur les priorités budgétaires, alors que la campagne est en cours et que les arbitrages entre dépenses sociales et autres postes restent à faire.
Ce que ça pourrait changer
L’unanimité affichée sur les principes pourrait se heurter à la réalité des arbitrages budgétaires, risquant de réduire ces engagements à des déclarations de principe si les partis ne clarifient pas rapidement leurs propositions financières. Par ailleurs, la critique du bilan gouvernemental, même partielle, pourrait influencer le débat public en normalisant une remise en question des politiques actuelles en santé mentale.

