Mort d’Abisay Cruz : la méthode de contention du SPVM aurait contribué au décès
Le décès d’Abisay Cruz en mars 2025, survenu lors d’une intervention policière à Montréal, révèle les dangers persistants d’une technique de contention abandonnée depuis des décennies. L’enquête de la coroner Géhane Kamel met en lumière l’usage controversé de la méthode hogtied, dont les risques d’asphyxie positionnelle, aggravés par une intoxication à la cocaïne, soulèvent des questions sur les protocoles policiers et leur formation, ainsi que sur la coordination avec les services médicaux d’urgence.
Quelle technique de contention a été utilisée lors de l’intervention policière ayant conduit à la mort d’Abisay Cruz, et pourquoi est-elle controversée ?
Les agents du SPVM ont utilisé la méthode hogtied, une immobilisation en position ventrale avec les membres liés dans le dos, une technique interdite dans la formation policière québécoise depuis les années 1990-2000 en raison de ses risques élevés d’asphyxie positionnelle. La coroner souligne que cette posture comprime la cage thoracique et limite la respiration, surtout chez une personne agitée et intoxiquée, ce qui a pu contribuer au décès de M. Cruz.
Quels facteurs ont aggravé l’état d’Abisay Cruz lors de son arrestation, selon le rapport de la coroner ?
Outre la technique de contention hogtied, la coroner identifie une intoxication à la cocaïne et une asphyxie positionnelle comme causes principales du décès. L’agitation extrême de M. Cruz, son état de santé précaire et l’absence de réactivité du superviseur sur place ont également joué un rôle dans l’issue tragique, malgré les tentatives de réanimation.
Quelles lacunes dans la formation ou les protocoles policiers sont pointées par la coroner Géhane Kamel ?
La coroner critique le manque de formation des policiers sur les signes de détresse médicale, notamment en cas d’intoxication ou d’agitation extrême, ainsi que l’absence de réévaluation des techniques de contention utilisées. Elle recommande aussi une meilleure coordination avec les services préhospitaliers et une clarification des responsabilités des superviseurs lors d’interventions à haut risque.
Pourquoi la coroner plaide-t-elle en faveur des caméras d’intervention policière dans ce dossier ?
Géhane Kamel souligne que les caméras pourraient réduire les zones d’ambiguïté entre les versions des policiers et des témoins civils, renforcer la transparence et aider à évaluer l’adéquation des techniques utilisées. Elle y voit un outil pour rétablir un équilibre entre imputabilité des agents et protection des droits des citoyens.
Ce que ça pourrait changer
Ce drame pourrait accélérer l’adoption de caméras d’intervention au SPVM et ailleurs au Québec, tout en poussant les autorités à revoir les protocoles de contention et la formation des policiers. Il met aussi en lumière la nécessité d’une meilleure coordination entre les services policiers et médicaux, notamment pour les interventions impliquant des personnes en crise ou intoxiquées.

