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SCIENCES

Le plus grand puits de carbone de la planète pourrait se transformer en source de CO₂ après la neutralité carbone

Source unique·22 sept.

L’atteinte de la neutralité carbone ne marquerait pas l’arrêt des défis climatiques, mais pourrait au contraire révéler une vulnérabilité insoupçonnée des écosystèmes. Une étude récente suggère que le plus grand puits de carbone terrestre, longtemps perçu comme un rempart contre le réchauffement, pourrait basculer dans un rôle d’émetteur net de CO₂ après ce seuil, remettant en cause les scénarios de stabilisation du climat. Cette inversion des rôles interroge la résilience des mécanismes naturels face aux perturbations anthropiques, même après la réduction drastique des émissions humaines.

Quel mécanisme pourrait transformer un puits de carbone en source d’émissions après la neutralité carbone ?

Les chercheurs évoquent un déséquilibre entre la capacité des écosystèmes à absorber le CO₂ et leur propre respiration, exacerbée par la hausse des températures. Même avec des émissions humaines réduites à zéro, le réchauffement résiduel pourrait accélérer la décomposition de la matière organique dans les sols et les tourbières, libérant davantage de gaz à effet de serre que les processus d’absorption ne peuvent compenser.

Quels sont les écosystèmes les plus menacés par cette inversion selon l’étude ?

Les tourbières boréales et les forêts boréales, qui stockent des quantités colossales de carbone dans leurs sols gelés ou organiques, figurent parmi les zones les plus vulnérables. Leur dégradation, déjà observée dans certaines régions, pourrait s’accélérer sous l’effet du dégel du permafrost et des sécheresses prolongées, transformant ces réservoirs en sources nettes d’émissions.

Quelles limites méthodologiques ou incertitudes persistent dans ces projections ?

Les modèles climatiques peinent à intégrer la complexité des interactions entre sols, végétation et climat à long terme. Les données sur les flux de carbone dans les écosystèmes boréaux restent parcellaires, et les scénarios de neutralité carbone supposent souvent une stabilité des puits naturels, une hypothèse désormais contestée par ces nouvelles observations.

Pourquoi cette étude remet-elle en cause les stratégies de neutralité carbone actuelles ?

Elle souligne que les politiques climatiques, centrées sur la réduction des émissions humaines, négligent l’évolution des puits naturels. Si ces derniers deviennent émetteurs, les efforts de décarbonation devront être revus à la hausse pour compenser ces pertes, complexifiant considérablement la trajectoire vers un réchauffement limité à +1,5°C ou +2°C.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte impose une réévaluation des scénarios de neutralité carbone, qui devront désormais intégrer la dynamique des écosystèmes comme variable clé. Elle plaide pour une gestion plus proactive des puits naturels, notamment via la protection des tourbières et la restauration des forêts, ainsi que pour une surveillance accrue des flux de carbone à long terme. À défaut, les objectifs climatiques pourraient s’avérer hors de portée, même en l’absence d’émissions résiduelles humaines.

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