L’archéologie n’arrête plus de faire des découvertes : l’entrée d’une forteresse romaine du IIe siècle a été mise au jour en Roumanie
La découverte de l’entrée orientale d’un camp légionnaire romain en Roumanie, enfoui sous la citadelle d’Alba Carolina, révèle une nouvelle facette de l’ingénierie militaire de l’Empire romain. Cette avancée archéologique, qui complète les vestiges déjà connus, interroge sur la stratégie de contrôle territorial de Rome en Dacie et sur la résilience des structures antiques réutilisées au fil des siècles.
Quelle est la particularité architecturale de la porte orientale du camp d’Apulum, et en quoi diffère-t-elle des autres accès identifiés ?
La porte orientale, reconstruite à partir des fondations d’une tour située sous le bastion Capistrano, se distingue par ses deux tours rectangulaires pleines encadrant deux passages voûtés séparés par un mur central, selon la technique opus quadratum de l’Empire romain. Contrairement à la porte sud, déjà partiellement restaurée en 1986, cette entrée n’avait jusqu’alors laissé aucune trace visible, et son axe menait directement au bâtiment de commandement via la via praetoria.
Pourquoi la découverte de cette porte est-elle significative pour l’histoire militaire romaine en Dacie ?
Elle confirme l’existence d’un système défensif complet autour du camp d’Apulum, un quadrilatère de près de 21 hectares, et éclaire la stratégie de Rome après la conquête de la Dacie en 106. La présence de quatre portes symétriques, dont deux désormais identifiées, montre une planification urbaine et militaire sophistiquée, typique des camps légionnaires romains.
Comment les vestiges antiques ont-ils été réutilisés après la chute de l’Empire romain ?
Au Moyen Âge, les maçons ont rebâti la porte Saint-Georges directement sur les fondations antiques, intégrant même des éléments récupérés comme un relief représentant la louve allaitant Romulus et Remus. Cette réappropriation médiévale, attestée par des chroniques du XVIIe siècle, illustre la continuité d’occupation du site et la valeur symbolique persistante de ces structures.
Quelles sont les prochaines étapes des fouilles et quelles questions restent en suspens ?
Les archéologues prévoient d’étendre les fouilles autour de la tour pour préciser la hauteur et le plan exact de l’entrée, et espèrent relier ces découvertes au réseau de rues déjà dégagé sous la citadelle. Reste à déterminer si d’autres vestiges, comme des éléments de la via praetoria ou des infrastructures militaires, émergeront de ces travaux.
Ce que ça pourrait changer
Cette découverte pourrait relancer l’intérêt pour l’archéologie de la Dacie romaine, en offrant des pistes pour comprendre l’organisation logistique et administrative des camps légionnaires. Elle invite aussi à réévaluer l’impact des réutilisations médiévales et modernes sur la préservation des sites antiques, soulignant l’importance d’une approche stratigraphique dans les fouilles futures.

