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GÉNÉRALISTE

Un nouveau souffle est nécessaire pour favoriser le développement régional au Québec

Source unique·il y a 24 j

Alors que le Québec s’apprête à voter, la question du développement régional resurgit avec une urgence renouvelée, mais les propositions en lice risquent de reproduire les erreurs du passé. Derrière le diagnostic partagé d’un affaiblissement des instances régionales se cache une divergence fondamentale : faut-il multiplier les élections sectorielles ou recréer des espaces de gouvernance inclusive, où élus et société civile co-construisent une vision commune ? Au-delà des mécanismes, c’est la capacité des territoires à s’organiser collectivement qui est en jeu, alors que la transition écologique exige des arbitrages profonds et une légitimité démocratique renforcée.

Quels mécanismes de gouvernance régionale ont été progressivement abandonnés au Québec depuis 20 ans, et pourquoi ?

Les Conférences régionales des élus (CRE), abolies en 2015, ont été remplacées par des Tables de maires et préfets réduites à un rôle de budgétisation, sans mécanisme de concertation élargie ni représentation de la société civile. Parallèlement, la Politique nationale de la ruralité a disparu, évacuant la ruralité comme enjeu territorial distinct. Ces réformes ont transformé les régions en simples cadres administratifs, vidés de leur substance démocratique et de leur capacité à porter une vision collective.

Pourquoi les auteurs rejettent-ils l’idée de multiplier les élections sectorielles (santé, éducation, etc.) pour revitaliser les régions ?

Ils soulignent que cette approche ignore l’abstention massive déjà observée aux élections scolaires et municipales, et risquerait d’alourdir un système déjà peu mobilisateur. Plutôt que d’ajouter des scrutins, ils prônent la création d’instances où élus et représentants de la société civile (milieux économique, communautaire, syndical) co-élaborent des plans de développement, garantissant une légitimité élargie et une vision intégrée des enjeux territoriaux.

Quel rôle joue aujourd’hui la Fédération québécoise des municipalités (FQM) dans le débat sur la décentralisation, et pourquoi est-ce problématique selon les auteurs ?

La FQM réclame davantage de pouvoirs et de ressources pour les MRC, mais sans exiger le retour d’un mécanisme de concertation incluant la société civile, cautionnant ainsi la logique de « vase clos » qui isole les acteurs locaux. Pour les auteurs, cette position renforce la dispersion sectorielle et l’absence de vision régionale partagée, alors que la transition écologique nécessite des arbitrages collectifs et une coordination intersectorielle.

Quels partis politiques québécois ont récemment proposé des mesures de décentralisation, et en quoi ces propositions restent-elles insuffisantes ?

Le Parti québécois a suggéré la création d’une instance régionale dotée de pouvoirs décisionnels et d’autonomie politique, financière et fiscale, mais sans préciser ses missions, ses principes de représentation ni ses mécanismes de reddition de comptes. Pour les auteurs, une telle instance, si elle reproduit le schéma actuel, ne fera que perpétuer la dispersion des acteurs et l’absence de vision commune, sans répondre aux défis de la transition écologique ou de la vitalité démocratique des territoires.

Ce que ça pourrait changer

Si les propositions en débat aboutissent à une décentralisation purement technique ou électorale, elles risquent d’aggraver la fragmentation des territoires et d’affaiblir leur capacité à répondre aux crises systémiques. À l’inverse, une gouvernance régionale partagée pourrait renforcer la résilience des communautés, mais elle exige un changement de paradigme : passer d’une logique de délestage des responsabilités étatiques à une co-construction des priorités, où la société civile pèse autant que les élus dans les arbitrages. La campagne électorale offre une fenêtre pour imposer ce débat, mais les partis devront clarifier leurs engagements au-delà des slogans.

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