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CULTURE

Sophie Thatcher : « Shelley Duvall est une de mes idoles »

Source unique·il y a 23 j

Sophie Thatcher, figure montante du cinéma contemporain, incarne une génération d’actrices capables de naviguer entre les registres les plus extrêmes, du thriller psychologique à la comédie absurde. Son parcours, marqué par une quête constante d’émancipation artistique, interroge les limites des étiquettes médiatiques et la réinvention permanente des rôles féminins au cinéma. À travers ses choix audacieux et ses inspirations éclectiques, elle dessine une vision du métier où la polyvalence prime sur les carcans génériques.

Comment Sophie Thatcher perçoit-elle l’étiquette de « Scream Queen » qui lui est souvent attribuée, et quels parallèles établit-elle avec ses idoles ?

Pour elle, cette qualification est à la fois un honneur et une reconnaissance de sa capacité à incarner des émotions intenses, mais elle y voit aussi une opportunité de s’affranchir des stéréotypes. Elle cite Shelley Duvall comme une référence majeure, soulignant son audace à jouer des personnages excentriques et fragiles, tout en insistant sur sa propre volonté d’explorer des registres variés, notamment des rôles où les conflits seraient davantage intérieurs que liés à des monstres.

Quels défis a-t-elle rencontrés en tournant Peaches, une comédie dramatique absurde, après des rôles plus sérieux comme dans Heretic ou Companion ?

Ce projet l’a obligée à adopter une approche radicalement différente, privilégiant le corps et le mouvement plutôt que l’émotion contenue. Inspirée par les films de Charlie Chaplin, elle a dû maîtriser une gestuelle précise et libérée, en opposition avec le style statique de Her Private Hell, réalisé par Nicolas Winding Refn. Cette expérience illustre sa capacité à s’adapter à des univers cinématographiques opposés.

Pourquoi Jennifer Kent, réalisatrice de The Girl Who Was Plugged In, l’a-t-elle particulièrement attirée pour ce projet futuriste ?

Elle a été séduite par l’ouverture et la collaboration proposées par Jennifer Kent, une réalisatrice dont elle apprécie la vision. Ce film, centré sur une jeune femme marginalisée contrôlant un corps artificiel, correspond à son envie de travailler sur des personnages complexes, tout en lui offrant l’opportunité de s’impliquer dans la création sonore du projet, un domaine qui la passionne en tant que musicienne.

Comment ses expériences passées, comme la création de courts-métrages sur Les Sims ou ses débuts au théâtre, influencent-elles sa vision du cinéma aujourd’hui ?

Ces expériences précoces ont forgé sa curiosité pour la narration interactive et la construction d’univers, des compétences qu’elle transpose aujourd’hui dans sa collaboration avec les réalisateurs. Elle évoque notamment Nicolas Winding Refn comme un « dieu » façonnant des mondes, une métaphore qui reflète son désir d’être actrice et co-créatrice de ses personnages dès les premières étapes, plutôt que de subir une vision imposée.

Ce que ça pourrait changer

Son parcours suggère une remise en question des étiquettes médiatiques au profit d’une approche plus holistique du métier d’actrice, où la polyvalence et la collaboration priment. À l’ère où les frontières entre les genres cinématographiques s’estompent, son profil pourrait inspirer une nouvelle génération d’artistes à explorer des registres variés sans craindre les catégorisations. Par ailleurs, son engagement dans des projets DIY et son intérêt pour la musique pourraient redéfinir les contours de l’actrice contemporaine, plus impliquée dans la création globale de ses rôles.

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