L’interdiction fédérale des plastiques à usage unique ira devant la Cour suprême
L’interdiction fédérale des plastiques à usage unique, adoptée par Ottawa pour lutter contre la pollution, se retrouve au cœur d’un bras de fer judiciaire qui aboutira devant la Cour suprême du Canada. Cette mesure, contestée par l’industrie du plastique, interroge la légitimité des pouvoirs fédéraux en matière environnementale et pourrait redéfinir l’équilibre des compétences entre Ottawa et les provinces, dans un contexte où la gestion des déchets devient un enjeu sociétal et juridique majeur.
Pourquoi la Cour suprême du Canada est-elle saisie de cette affaire ?
La Cour suprême examinera un appel concernant l’interdiction des plastiques à usage unique imposée par le gouvernement fédéral. En janvier 2026, la Cour d’appel fédérale avait infirmé une décision de première instance, validant ainsi le classement de ces plastiques comme substances toxiques par Ottawa, malgré une contestation initiale de l’industrie du plastique.
Quels sont les plastiques concernés par cette interdiction et sur quels critères a-t-elle été justifiée ?
Ottawa a interdit la fabrication et l’importation de six catégories de plastiques à usage unique, dont les pailles, les sacs d’épicerie, les bâtonnets mélangeurs et les anneaux de regroupement pour canettes. Cette interdiction s’appuie sur leur présence récurrente parmi les déchets et sur l’existence de solutions de rechange accessibles, selon les arguments du gouvernement.
Quels sont les arguments juridiques avancés par l’industrie du plastique contre cette mesure ?
L’industrie du plastique a contesté le classement de ces articles comme substances toxiques, estimant qu’Ottawa avait outrepassé ses pouvoirs en 2023. En première instance, la Cour fédérale avait donné raison à cette contestation, avant que la Cour d’appel fédérale ne revienne sur cette décision en janvier 2026.
Quel rôle joue la Cour d’appel fédérale dans ce dossier et pourquoi sa décision est-elle décisive ?
La Cour d’appel fédérale a rendu une décision unanime en janvier 2026, jugeant raisonnable le classement des plastiques à usage unique parmi les substances toxiques par Ottawa. Cette décision a permis au gouvernement fédéral de maintenir son interdiction, malgré l’opposition initiale des tribunaux de première instance.
Ce que ça pourrait changer
Cette affaire pourrait établir un précédent juridique majeur sur la capacité du gouvernement fédéral à réglementer les substances polluantes, avec des répercussions potentielles sur d’autres politiques environnementales. Si la Cour suprême valide l’interdiction, cela renforcerait les pouvoirs d’Ottawa en matière de protection de l’environnement, mais pourrait aussi alimenter les tensions avec les provinces sur la répartition des compétences. À l’inverse, un rejet de la mesure risquerait de freiner les initiatives fédérales en matière de réduction des déchets plastiques.

