[Tuto] Installer facilement son propre résolveur DNS sur Raspberry Pi, VM Freebox, VPS
Alors que les résolveurs DNS publics, qu’ils soient proposés par des géants du web ou des institutions, intègrent de plus en plus de mécanismes de filtrage ou de censure, la question de l’autonomie dans la résolution des noms de domaine devient stratégique. Cet article propose une méthode pour déployer son propre résolveur DNS sur des infrastructures variées, interrogeant ainsi les enjeux de souveraineté numérique et de neutralité du réseau. Une démarche qui s’inscrit dans un contexte où les blocages DNS, qu’ils soient judiciaires ou techniques, se multiplient en France et en Europe.
Pourquoi installer son propre résolveur DNS plutôt que d’utiliser ceux proposés par les FAI ou des acteurs comme Google et Cloudflare ?
Installer son propre résolveur DNS permet d’éviter les risques de censure ou de filtrage imposés par des tiers, qu’ils soient publics ou privés. Cela garantit une résolution des noms de domaine plus transparente et indépendante des politiques de blocage, comme celles mises en place par l’Arcom en France ou via des services comme DNS4EU en Europe. Stéphane Bortzmeyer, expert en réseaux, soulignait dès 2013 l’importance de cette autonomie face à l’intensification de la censure utilisant le DNS.
Quels types d’infrastructures peuvent héberger un résolveur DNS selon l’article, et pourquoi ces choix sont-ils pertinents ?
L’article propose trois types d’infrastructures pour héberger un résolveur DNS : un Raspberry Pi, une machine virtuelle (VM) sur une Freebox Delta ou Ultra, ou un VPS externe. Ces options sont choisies pour leur accessibilité et leur faible consommation de ressources, rendant le déploiement possible même sur des équipements peu puissants. Un Raspberry Pi peut par exemple servir à d’autres usages en parallèle, tandis qu’une VM sur Freebox ou un VPS offre une solution externalisée et scalable.
Quel rôle joue DNS4EU dans le paysage des résolveurs DNS en Europe, et quelles sont ses particularités ?
DNS4EU est un résolveur DNS européen lancé depuis juin 2025, proposé avec ou sans « protections », ces dernières incluant un filtrage de noms de domaine jugés malveillants. Il s’inscrit dans une dynamique européenne visant à offrir une alternative aux résolveurs privés, tout en permettant aux utilisateurs de choisir entre un service neutre ou un service avec blocages intégrés. Free Mobile, via son service mVPN, utilise par ailleurs DNS4EU, mais l’article ne précise pas si ce dernier intègre des mécanismes de filtrage spécifiques.
Quels sont les blocages DNS les plus marquants en France ces dernières années, et quelles en ont été les conséquences ?
En France, l’Arcom a ordonné le blocage de plus de 15 000 noms de domaine depuis 2022, principalement pour des raisons de piratage. Ces blocages, imposés par la justice, ont poussé des acteurs comme OpenDNS à quitter le marché français en raison des contraintes légales. Ces mesures illustrent la tendance croissante à utiliser le DNS comme outil de censure, justifiant ainsi l’intérêt de disposer de son propre résolveur pour contourner ces restrictions.
Ce que ça pourrait changer
L’autonomie dans la gestion du DNS pourrait devenir un enjeu majeur pour les utilisateurs soucieux de neutralité et de vie privée, notamment dans un contexte où les blocages et filtrages se généralisent. Cette pratique pourrait aussi favoriser l’émergence de solutions alternatives plus transparentes, réduisant la dépendance aux acteurs dominants du web. Cependant, elle soulève des questions sur la responsabilité individuelle face à la lutte contre les contenus illicites, notamment lorsque ces blocages sont imposés par des autorités publiques.

