EN DIRECT - Réunion du Conseil de sécurité sur Haïti
La récente attaque meurtrière de gangs à Kenscoff, en périphérie de Port-au-Prince, marque un nouveau seuil dans la crise haïtienne, où la violence structurelle s’entremêle à une crise humanitaire sans précédent. Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence pour tenter de briser l’engrenage de l’impunité et de l’effondrement étatique, l’urgence n’est plus seulement sécuritaire, mais aussi politique et sociale. Comment une réponse internationale peut-elle s’articuler avec des solutions locales pour éviter une spirale encore plus meurtrière ?
Quels sont les chiffres clés de la crise humanitaire et sécuritaire en Haïti en 2026 ?
Plus de 6,4 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ont besoin d’aide humanitaire. Les violences liées aux gangs ont fait 1 408 morts et 656 blessés entre avril et juin 2026, et près de 1,5 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, dont la moitié sont des enfants. Plus de 2 600 personnes ont fui leur domicile après l’attaque de Kenscoff fin août, portant le nombre d’écoles fermées à 1 600, privant 240 000 élèves de scolarité.
Quels acteurs internationaux et locaux sont mobilisés pour répondre à la crise ?
Le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé une Force de répression des gangs internationale, dont le déploiement doit être accéléré pour neutraliser les groupes armés. Les autorités haïtiennes coordonnent les opérations avec la Police nationale, les Forces armées et cette force internationale. L’ONU, via le BINUH et l’UNICEF, alerte sur l’urgence d’agir contre l’impunité et le recrutement des enfants par les gangs.
Pourquoi l’attaque de Kenscoff est-elle significative dans l’escalade de la violence en Haïti ?
Cette attaque illustre l’extension des gangs au-delà de Port-au-Prince et leur capacité à défier l’autorité de l’État, avec des exécutions ciblées, des incendies de maisons et des déplacements massifs. Elle s’inscrit dans une série d’offensives depuis 2025, révélant une stratégie de terreur systématique pour contrôler des zones stratégiques, comme les collines surplombant la capitale.
Quelles sont les priorités identifiées par l’ONU pour sortir de la crise ?
L’ONU insiste sur trois axes : stopper la violence par un déploiement sécuritaire accéléré, financer durablement l’aide humanitaire pour éviter une catastrophe sociale, et s’attaquer aux causes profondes (impunité, effondrement des services publics, stabilité politique). Sans rétablissement de l’autorité de l’État et des services essentiels, les opérations militaires risquent d’être inefficaces.
Ce que ça pourrait changer
Si la réponse internationale ne parvient pas à combiner pression sécuritaire et reconstruction institutionnelle, le risque est une fragmentation durable de l’État haïtien, avec des zones entières sous contrôle de gangs et une crise humanitaire qui s’aggrave. À l’inverse, un déploiement rapide de la force internationale, couplé à des mesures sociales et politiques, pourrait ouvrir une fenêtre pour stabiliser la situation, mais sous réserve d’un engagement à long terme des acteurs locaux et internationaux. La question de l’impunité reste un test décisif pour la crédibilité des institutions judiciaires haïtiennes et des mécanismes internationaux.

