Démocratie ou régime illibéral ? Israël jouera son avenir aux prochaines législatives
Les élections législatives israéliennes du 27 octobre 2025 s’apparentent à un référendum sur la nature même du régime : Israël, fondé comme une démocratie libérale en 1948, pourrait basculer vers un modèle illibéral, où le pouvoir politique subordonne l’État de droit à une vision théocratique et nationaliste. Cette transformation, portée par une coalition dirigée par Benyamin Nétanyahou, interroge moins les équilibres géopolitiques que l’identité institutionnelle du pays, entre sécularisation et intégrisme religieux.
Quels sont les deux axes principaux de la politique menée par Nétanyahou depuis 2022 qui menacent la démocratie israélienne ?
D’une part, son gouvernement cherche à réduire l’indépendance de la justice en transférant des prérogatives aux élus, une stratégie typique des régimes illibéraux. D’autre part, il renforce l’influence de la religion juive dans l’espace public et soutient massivement les colons en Cisjordanie, notamment par des moyens financiers et juridiques.
Qui compose la coalition au pouvoir en Israël depuis 2022 et quel rôle jouent les partis ultraorthodoxes dans cette dynamique ?
La coalition est formée par des partis d’extrême droite et des groupes ultraorthodoxes, appelés haredim ou « craignant-Dieu ». Ces derniers, bien que minoritaires en nombre, pèsent lourdement dans les décisions politiques en échange de leur soutien parlementaire, accélérant la judiciarisation de la société et la promotion d’une identité nationale fondée sur la loi religieuse.
Pourquoi ces élections sont-elles qualifiées de « décisives » pour l’avenir d’Israël ?
Elles pourraient sceller le passage d’un modèle démocratique à un régime où le pouvoir législatif domine les autres institutions, avec un risque de marginalisation des minorités et d’unification de l’État et de la religion. Le résultat déterminerait si Israël reste un État laïc ou bascule définitivement vers une théocratie nationale.
Ce que ça pourrait changer
Un virage illibéral en Israël risquerait d’affaiblir les contre-pouvoirs traditionnels, de polariser davantage la société et d’isoler le pays sur la scène internationale, notamment auprès de ses alliés occidentaux. À l’inverse, une victoire des forces modérées pourrait rétablir un équilibre institutionnel, mais au prix d’une remise en cause des politiques expansionnistes en Cisjordanie. La question dépasse le cadre électoral pour interroger la viabilité d’un État qui se définit à la fois comme juif et démocratique.

