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Pourquoi les forêts françaises sont-elles si peu assurées ?

Source unique·il y a 13 j

Le faible taux d’assurance des forêts privées françaises, à peine 7,5 % des surfaces, contraste avec l’augmentation des risques climatiques et l’urgence de préserver les services écosystémiques qu’elles rendent. Cette situation interroge les mécanismes de résilience collective face aux aléas, entre dépendance aux aides publiques et limites structurelles des modèles assurantiels actuels.

Quels facteurs expliquent la réticence des propriétaires forestiers à souscrire une assurance en France ?

Plusieurs raisons se cumulent : l’effet charity hazard, où les propriétaires comptent sur les aides post-catastrophe malgré leur suppression en 2017, le coût jugé élevé des primes et leur perception d’inutilité, ainsi que l’absence de contrats multirisques couvrant l’ensemble des aléas climatiques. Les différences régionales et la gestion forestière influencent aussi cette décision, tout comme le manque de compréhension des mécanismes assurantiels.

Comment les politiques publiques ont-elles tenté d’inciter à l’assurance forestière en France ?

L’État a mis en place le dispositif DEFI Assurance en 2010, offrant une défiscalisation de 76 % des cotisations pour les propriétaires privés. Il a également supprimé en 2017 les programmes publics d’aide à la reconstitution des peuplements après tempête, poussant les propriétaires à se tourner vers l’assurance privée pour couvrir ces risques.

Quels enseignements tirer des modèles étrangers en matière d’assurance forestière ?

Les pays scandinaves, comme la Suède ou la Finlande, affichent des taux d’assurance bien supérieurs (plus de 50 %, voire 80 % en Suède) grâce à des contrats multirisques couvrant des aléas variés, dont la sécheresse. Ces modèles pourraient inspirer la France, où les couvertures actuelles restent fragmentées et limitées à des risques spécifiques.

Ce que ça pourrait changer

Une refonte des contrats d’assurance, intégrant des incitations à la prévention ou des mécanismes paramétriques, pourrait renforcer la résilience des forêts tout en réduisant la dépendance aux aides publiques. À long terme, cela conditionnerait la pérennité des services écosystémiques, essentiels dans la lutte contre le changement climatique. Cependant, la transition vers un modèle plus protecteur dépendra de l’adhésion des propriétaires et de la capacité des assureurs à proposer des solutions adaptées aux réalités locales.

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