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GÉNÉRALISTE

Entretien des sentiers : Rando Québec et le SIA interpellent les partis politiques

Source unique·il y a 24 j

Alors que les élections provinciales québécoises approchent, les acteurs du plein air tirent la sonnette d’alarme sur l’état des sentiers de randonnée, dont l’entretien est aujourd’hui assuré majoritairement par des bénévoles. Derrière cette mobilisation se cache une question plus large : comment concilier la croissance de l’achalandage post-pandémie avec la nécessité d’investissements structurels, alors que les modèles de financement actuels privilégient le développement à l’entretien ? L’enjeu dépasse le simple entretien des pistes : il interroge la place accordée au bien-être collectif dans les priorités publiques, entre infrastructures sportives et santé environnementale.

Quels acteurs portent cette demande de financement pérenne et pourquoi ?

Le Sentier international des Appalaches, section Québec (SIA-QC) et Rando Québec unissent leurs voix pour réclamer un financement public stable pour l’entretien des sentiers, estimés à 17 000 km au Québec. Leurs porte-parole, Daniel Bélanger (SIA-QC) et Grégory Flayol (Rando Québec), soulignent l’usure des bénévoles, le coût élevé de l’entretien (250 $/km) et l’absence de programmes dédiés à la maintenance, contrairement aux infrastructures routières ou cyclables comme la Route verte.

Pourquoi l’entretien des sentiers est-il présenté comme un enjeu de sécurité publique ?

L’augmentation de l’achalandage depuis la pandémie, combinée à des phénomènes naturels (chutes d’arbres, érosion), expose les usagers à des risques accrus. Loïc Bilodeau, utilisateur des sentiers pour la pêche, illustre ce danger : des pistes mal entretenues peuvent entraîner des égarements ou des accidents, surtout dans des zones isolées comme la réserve faunique de Matane. La signalisation et la stabilité des parcours deviennent ainsi des garanties de sécurité collective, au-delà du simple loisir.

Quel modèle de financement est proposé et pourquoi est-il comparé à la Route verte ?

Les associations réclament un financement récurrent et prévisible du gouvernement, sur le modèle de la Route verte (réseau cyclable québécois), qui bénéficie d’un budget annuel du ministère des Transports. Grégory Flayol (Rando Québec) souligne que ce modèle a permis un essor spectaculaire du cyclisme au Québec — une réussite qu’il souhaite reproduire pour la randonnée pédestre d’ici dix ans, en évitant les aléas des subventions ponctuelles.

Ce que ça pourrait changer

Si les partis politiques intègrent cette demande, le Québec pourrait s’engager dans une politique de plein air plus ambitieuse, avec des retombées économiques (tourisme, santé publique) et une réduction des risques pour les usagers. À l’inverse, un statu quo risquerait d’aggraver la dégradation des sentiers, de décourager les bénévoles et de limiter l’attractivité des espaces naturels, alors que la demande sociale pour ces activités ne cesse de croître. La balle est désormais dans le camp des futurs élus, appelés à arbitrer entre des priorités budgétaires souvent concurrentes.

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