Un Français perd son droit de travailler au Québec au retour des funérailles de sa fille
La rigidité des règles d’immigration canadiennes a transformé une tragédie familiale en une épreuve administrative pour Laurent Favard, travailleur étranger temporaire au Québec. Alors que les délais de traitement des permis de travail s’allongent démesurément, ce cas illustre les limites d’un système où la logique juridique prime sur l’humanité, révélant une faille structurelle dans la gestion des statuts transitoires.
Quelle règle administrative a privé Laurent Favard de son droit de travailler après son retour des funérailles de sa fille ?
Le principe du statut conservé permet à un travailleur étranger temporaire de continuer à exercer son emploi pendant l’examen de son renouvellement de permis, à condition de ne pas quitter le Canada. Or, en quittant le pays pour assister aux funérailles de sa fille, Favard a perdu ce statut, bien que son dossier de renouvellement était en cours et que son permis initial était encore valide jusqu’au 12 juin 2026.
Pourquoi les délais de traitement des permis de travail posent-ils problème dans ce cas précis ?
Les demandes de renouvellement de permis de travail fermé nécessitent une évaluation d’impact sur le marché du travail (EIMT), dont le délai moyen est de 120 jours. Dans le cas de Favard, cette attente a coïncidé avec un drame personnel, rendant la rigidité administrative d’autant plus insoutenable, d’autant que son employeur avait déjà engagé des démarches pour son renouvellement avant l’expiration de son permis initial.
Quels acteurs institutionnels ou juridiques pourraient faire évoluer cette situation ?
L’avocat en immigration Maxime Lapointe, bien que non impliqué dans le dossier de Favard, souligne l’absurdité de la règle et plaide pour une réforme des conditions du statut conservé, notamment pour les cas exceptionnels. Le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada (IRCC) a confirmé le traitement du dossier, mais sans proposer de solution immédiate. La ministre Lena Diab, ainsi que des députés locaux comme Jason Groleau, pourraient être interpellés pour modifier ces pratiques.
En quoi la réaction de l’employeur et de la communauté locale contraste-t-elle avec l’attitude administrative ?
KSM Inc., l’entreprise agricole de Tring-Jonction qui emploie Favard, a exprimé son soutien et son incompréhension face à la situation, qualifiant le sort réservé à son employé de pénible. De même, Favard souligne la gentillesse des Beaucerons, illustrant une solidarité locale en opposition avec le caractère impersonnel et inflexible des procédures fédérales.
Ce que ça pourrait changer
Ce cas pourrait accélérer une révision des règles encadrant le statut conservé pour les travailleurs étrangers temporaires, notamment en cas de force majeure. Il met en lumière l’urgence de réduire les délais de traitement des EIMT, qui transforment des parcours légaux en situations kafkaïennes. Enfin, il interroge la capacité des institutions à concilier sécurité juridique et humanité dans des contextes dramatiques.

