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Un Français perd son droit de travailler au Québec au retour des funérailles de sa fille

ICI Radio-Canada· 4 août 2026
 Un Français perd son droit de travailler au Québec au retour des funérailles de sa fille

La règle est connue, mais doit être changée, estime un avocat en immigration.

Résumé

1

Situation de Laurent Favard

Laurent Favard, un Français de 21 ans installé au Québec depuis mars 2023, travaille comme travailleur étranger temporaire pour l'entreprise KSM Inc.

à Tring-Jonction.

Son permis de travail, initialement valable jusqu'au 12 juin 2026, était en cours de renouvellement.

Le 9 juin 2026, il apprend le décès de sa fille en France et se rend à ses funérailles.

À son retour, les services frontaliers lui autorisent l'entrée au Canada, mais lui interdisent de reprendre son emploi.

Cette décision s'appuie sur une règle administrative : quitter le territoire pendant une demande de renouvellement de permis peut entraîner la perte du statut maintenu, qui permet normalement de continuer à travailler en attendant une réponse officielle.

Laurent Favard se retrouve ainsi dans une situation qu'il qualifie d'inhumaine, coincé entre le deuil et l'incapacité de subvenir à ses besoins.

2

Rôle de l'employeur

KSM Inc., une entreprise agricole de Beauce, avait embauché Laurent Favard après avoir repéré son CV et mené un entretien en février 2023.

L'employeur a ensuite fait une demande de permis de travail fermé pour lui, un document obligatoire pour qu'un étranger puisse travailler pour une entreprise spécifique au Canada.

L'entreprise confirme avoir respecté toutes les démarches administratives et attend toujours le retour de son employé.

Elle souligne que Laurent Favard est un travailleur apprécié et que sa situation actuelle est pénible pour toute l'équipe.

Le permis en vigueur arrivait à échéance le 12 juin 2026, et la demande de renouvellement avait été déposée en mai 2026, avant son départ pour les funérailles.

3

Règles administratives contestées

La règle qui a privé Laurent Favard de son droit de travailler à son retour est connue des autorités canadiennes.

Selon l'avocat en immigration Maxime Lapointe, cette règle n'est pas nouvelle, mais elle devient problématique en raison des délais de traitement très longs pour les renouvellements de permis de travail.

Ces délais peuvent atteindre 6 à 8 mois, voire 120 jours en moyenne, selon les données du ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada (IRCC).

Lorsqu'un travailleur quitte le Canada pendant cette période d'attente, il perd le statut maintenu, qui lui permettait normalement de continuer à travailler.

L'avocat juge cette situation illogique et plaide pour une modification des règles, notamment pour éviter des cas extrêmes comme celui de Laurent Favard.

4

Réactions des autorités

Le ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada (IRCC) a confirmé par courriel que la demande de renouvellement de Laurent Favard a bien été reçue en mai 2026 et nécessite une évaluation d'impact sur le marché du travail (EIMT).

Cette évaluation est une étape obligatoire pour certains permis de travail.

Le ministère précise que Laurent Favard avait le droit de continuer à travailler pendant l'attente de la décision, grâce au statut maintenu.

Cependant, son départ du Canada a entraîné la perte de ce statut.

IRCC indique que la demande est toujours en cours de traitement et que le délai moyen pour ce type de dossier est de 120 jours.

Laurent Favard a contacté à plusieurs reprises les services frontaliers et le député fédéral de Beauce, Jason Groleau, sans obtenir de solution concrète.

5

Conséquences humaines et sociales

La situation de Laurent Favard illustre les conséquences dramatiques des règles administratives sur les individus.

Pour lui, la perte de son droit de travailler à son retour des funérailles a été vécue comme une double peine, ajoutant une souffrance émotionnelle à un deuil déjà insupportable.

Il décrit son quotidien comme un flou total, sans perspective claire ni soutien concret de la part des autorités.

Malgré tout, il souligne la gentillesse de son employeur et de la communauté de Beauce, qui lui apportent un soutien moral.

Il espère que son cas, bien que tragique, pourrait inciter le gouvernement à revoir les règles pour éviter que d'autres travailleurs étrangers temporaires ne se retrouvent dans une situation similaire.

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