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GÉOPOLITIQUE

Plus de douleurs physiques chez les femmes, d’après la plus vaste étude jamais menée

Source unique·il y a 29 j

Une méga-étude épidémiologique internationale révèle que les femmes déclarent systématiquement plus de douleurs physiques que les hommes, un phénomène transversal et persistant dans le temps. Ce constat, basé sur plus de six millions de participants issus de 118 pays, interroge moins les différences biologiques que les biais structurels de prise en charge médicale, où la douleur féminine reste sous-diagnostiquée et sous-traitée malgré son ampleur mondiale.

Quelles sont les zones du corps où les femmes déclarent le plus de douleurs par rapport aux hommes selon l'étude ?

Les femmes signalent davantage de douleurs dans onze zones spécifiques : la tête, le visage, le cou et les épaules, les pieds ou les chevilles, les mains ou les poignets, les coudes, la poitrine, le dos, l’estomac ou la région abdominale, ainsi que les hanches et les genoux. Ces différences sont observées de manière cohérente à l’échelle mondiale.

Comment la douleur évolue-t-elle avec l’âge, et quelles sont les particularités entre hommes et femmes ?

Un pic de douleur est observé autour de 75 ans pour les deux sexes, notamment au niveau du dos, des hanches et des genoux. Cependant, les douleurs du haut du corps (cou, épaules, coudes) atteignent leur maximum au milieu de la vie avant de décliner, tandis que celles du bas du corps (dos, hanches, genoux) augmentent tout au long de la vie, reflétant des contraintes mécaniques et dégénératives.

Pourquoi Rebeccah Slater, chercheuse à l’université d’Oxford, évoque-t-elle un « paradoxe troublant » concernant la douleur féminine ?

Rebeccah Slater souligne que les femmes déclarent plus de douleurs que les hommes, mais que ces douleurs sont paradoxalement plus souvent négligées, diagnostiquées tardivement ou insuffisamment traitées. Ce paradoxe met en lumière un biais systémique dans la reconnaissance et la prise en charge de la douleur selon le genre.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude pourrait accélérer la remise en question des protocoles médicaux actuels, où la douleur féminine est souvent minimisée ou attribuée à des causes psychologiques. Elle pourrait aussi pousser les systèmes de santé à intégrer des approches genrées dans le diagnostic et le traitement de la douleur, notamment pour les pathologies musculosquelettiques. Enfin, elle interroge les politiques publiques sur l’accès équitable aux soins, alors que les inégalités de genre en matière de santé persistent malgré les avancées sociétales.

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