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GÉNÉRALISTE

La décision de l’ONU modifiera-t-elle les cartes du monde?

Source unique·il y a 10 j

L’adoption récente d’une résolution par l’ONU marque un tournant dans la représentation cartographique mondiale, en promouvant des projections plus fidèles aux tailles réelles des pays. Cette initiative, portée par une coalition africaine, interroge moins la géographie elle-même que les rapports de pouvoir symboliques qu’elle véhicule, révélant comment les distorsions historiques des cartes ont façonné des perceptions géopolitiques biaisées.

Quelle résolution l’ONU a-t-elle adoptée et dans quel but ?

L’ONU a adopté une résolution vendredi, à 164 voix pour et une contre, appelant à promouvoir des représentations cartographiques plus fidèles à la taille relative des continents, notamment en privilégiant la projection Equal Earth. L’objectif affiché est de corriger une « injustice géométrique » entre les pays du Nord et du Sud, où les territoires colonisés étaient historiquement minimisés sur les cartes.

Pourquoi la projection de Mercator, encore largement utilisée, est-elle contestée ?

La projection de Mercator, développée au XVIe siècle pour faciliter la navigation maritime, déforme considérablement les superficies des continents, notamment en exagérant la taille des pays européens et en rapetissant ceux proches de l’équateur. Elle a ainsi contribué à une représentation symbolique où l’Europe apparaît plus puissante que les territoires colonisés, comme l’Afrique ou l’Amérique latine.

Quels sont les compromis inhérents à toute projection cartographique ?

Toute projection cartographique implique des compromis, car il est impossible de représenter la Terre à plat sans déformer au moins un aspect (superficie, forme, distance ou angles). Par exemple, la projection Equal Earth, plus fidèle aux superficies, déforme les distances aux pôles, tandis que la projection conique de Lambert, utilisée au Canada, penche les extrémités des territoires.

Pourquoi la projection de Mercator reste-t-elle dominante malgré ses limites ?

La projection de Mercator a connu un regain d’usage au XXIe siècle en raison de son adoption par les plateformes numériques comme Google Maps, qui privilégient un zoom fluide et une représentation des angles fidèle. Son utilité pratique pour la navigation en ligne explique sa persistance, malgré les critiques sur ses biais géopolitiques.

Ce que ça pourrait changer

Cette résolution pourrait accélérer un changement de paradigme dans la cartographie mondiale, où les représentations ne seraient plus seulement des outils techniques mais aussi des vecteurs de justice symbolique. Elle interroge cependant la capacité des institutions à imposer des normes visuelles face à des usages locaux et numériques ancrés dans des traditions cartographiques historiques. La portée de cette initiative dépendra de son appropriation par les États, les médias et les plateformes en ligne.

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