NapseflowNapseflow
GÉNÉRALISTE

Le ministère de la Défense réduit la place du français à travers le Canada

Source unique·il y a 1 j

Le ministère de la Défense canadienne officialise, via une directive révisée en 2025, une réduction drastique de l’usage du français comme langue de travail, au nom d’une approche harmonisée censée résoudre des tensions linguistiques. Cette décision, qui s’appuie sur la DOAD 5039-2, marque un recul symbolique pour le bilinguisme institutionnel et interroge la cohérence du gouvernement avec l’esprit de la Loi sur les langues officielles modernisée adoptée en 2023, pourtant présentée comme un outil d’égalité réelle entre le français et l’anglais.

Quels sont les changements concrets apportés par la directive DOAD 5039-2 dans la gestion des langues de travail au sein du ministère de la Défense ?

La directive remplace le statut linguistique des unités et organisations (français, anglais ou bilingue) par une logique territoriale : seules les régions désignées comme bilingues — notamment le Québec, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick — permettent désormais aux employés de travailler dans la langue officielle de leur choix. Ailleurs, l’anglais devient la langue exclusive des communications internes, réunions et instruments de travail, même si le ministère encourage ponctuellement des dépassements des exigences minimales.

Pourquoi cette réforme a-t-elle été justifiée par le ministère de la Défense ?

Le ministère invoque des plaintes fondées et une frustration croissante (31 plaintes en 2025-2026 contre 24 l’année précédente) liées à des difficultés de conformité aux obligations linguistiques dans les régions unilingues, notamment anglophones. Il affirme que la précédente approche, non centralisée, créait des inégalités et des incohérences dans l’application de la Loi sur les langues officielles, malgré sa modernisation en 2023.

Quels acteurs politiques ou institutionnels s’opposent à cette décision et pour quelles raisons ?

L’opposition est portée par des figures comme le député conservateur Joël Godin, qui dénonce une solution irresponsable et un risque d’effet domino sur d’autres ministères, ainsi que par la députée du Bloc québécois Christine Normandin, pour qui cette réforme marginalise les francophones et affaiblit les services publics en français. La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) critique également une interprétation minimaliste de la loi, incompatible avec son objectif d’égalité réelle, et appelle à une révision de la décision.

Quelles zones géographiques sont concernées par cette réforme et quels établissements emblématiques sont directement impactés ?

Les régions bilingues désignées sont la région de la Capitale nationale, le Nouveau-Brunswick, Montréal et certaines parties du Québec et de l’Ontario. Un exemple marquant est le Collège militaire de Kingston, où le français a perdu son statut de langue de travail, illustrant la portée concrète de cette directive sur les institutions fédérales.

Ce que ça pourrait changer

Cette réforme pourrait accélérer un mouvement de marginalisation du français dans les institutions fédérales, surtout dans les provinces anglophones, et fragiliser la crédibilité du gouvernement sur sa promesse d’égalité réelle entre les langues officielles. Elle risque aussi d’exacerber les tensions entre Ottawa et les communautés francophones minoritaires, tout en ouvrant la porte à des contestations juridiques ou politiques sur l’application de la loi modernisée.

Voir aussi

Plus de contenus dans cette catégorie →