À quoi sert la COP17 sur la désertification qui se tient en Mongolie ?
Alors que les médias et l’opinion publique se focalisent sur les COP climat et biodiversité, la COP17 sur la désertification, qui se tient du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator, incarne un angle mort des négociations environnementales. Pourtant, ce sommet méconnu aborde des enjeux cruciaux : la dégradation des terres, qui touche 40 % des surfaces émergées, menace directement la sécurité alimentaire mondiale et aggrave les tensions géopolitiques. Son choix comme terrain de discussion révèle une prise de conscience tardive, mais nécessaire, des risques systémiques liés à la raréfaction des ressources naturelles.
Pourquoi la COP17 sur la désertification est-elle moins médiatisée que les autres conventions de Rio ?
Cette COP souffre d’un manque d’attention historique, qualifiée par The Guardian de « parent pauvre » des trois traités issus du Sommet de la Terre de Rio en 1992. Contrairement aux COP climat ou biodiversité, elle n’a pas bénéficié d’une mobilisation équivalente des États ou des médias, malgré des enjeux tout aussi critiques. Les engagements financiers et politiques y ont donc été bien moindres, limitant son impact médiatique et son influence.
Quels sont les principaux défis concrets abordés lors de cette édition en Mongolie ?
La COP17 met l’accent sur la restauration des sols, un impératif pour 77 % des terres mongoles déjà dégradées, et sur la gestion des parcours pastoraux, tradition centrale en Mongolie. Elle interroge aussi la sécurité alimentaire, menacée par la baisse de productivité agricole liée à la désertification, ainsi que les conflits d’usage des terres, exacerbés par la raréfaction de l’eau et la sécheresse. L’année internationale des éleveurs pastoraux, proclamée par l’ONU en 2026, renforce cette focalisation.
Quels engagements concrets ont été pris lors de la COP16 en 2024, et pourquoi la COP17 doit-elle les dépasser ?
La COP16 avait permis de mobiliser 12 milliards de dollars d’engagements, dont 10 milliards issus du seul Arab Coordination Group. Pourtant, comme l’a souligné le Premier ministre mongol Uchral Nyam-Osor à l’ouverture de la COP17, ces promesses peinent à se traduire en actions tangibles. L’enjeu de cette édition est donc de transformer les discours en projets mesurables, sous peine de reproduire l’inefficacité des cycles précédents.
En quoi la Mongolie constitue-t-elle un symbole pour cette COP17 ?
Le choix d’Oulan-Bator comme hôte reflète une volonté de donner une visibilité accrue à la désertification, un phénomène souvent associé à l’Afrique ou au Moyen-Orient. Avec 77 % de ses terres dégradées, la Mongolie incarne une urgence locale qui illustre les défis globaux. Son contexte pastoral, menacé par la sécheresse, en fait aussi un laboratoire pour des solutions adaptées aux zones arides, comme la gestion durable des pâturages.
Ce que ça pourrait changer
Si la COP17 parvient à concrétiser ses engagements, elle pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la désertification, en liant restauration des sols et sécurité alimentaire. À l’inverse, son échec à produire des résultats tangibles risquerait d’aggraver les crises alimentaires et migratoires, tout en affaiblissant la crédibilité des mécanismes multilatéraux de protection de l’environnement. La Mongolie, en tant que terrain d’expérimentation, pourrait devenir un modèle ou un avertissement pour les autres régions touchées.

