Nuits et jours de Leonor Fini 7/9 : Dans l'atelier de Leonor Fini en 1978
En 1978, Leonor Fini, figure majeure de la peinture surréaliste du XXe siècle, s’entretient avec François Le Targat dans son atelier parisien alors que deux expositions lui sont consacrées simultanément. Ce dialogue, diffusé par France Culture, révèle une artiste en tension entre refus de la célébrité et affirmation de son œuvre comme unique espace d’expression. Comment cette posture, à la fois radicale et poétique, éclaire-t-elle les rapports entre création, visibilité et identité artistique ?
Pourquoi Leonor Fini considère-t-elle l’exposition comme une opportunité plutôt qu’une contrainte en 1978 ?
Fini y voit un moyen de découvrir ses tableaux dans un dialogue entre eux, libérés du désordre de son atelier personnel. Elle souligne que l’espace d’exposition, souvent épuré, permet une lecture plus claire des affinités entre ses œuvres, transformant l’acte de montrer en un outil d’analyse presque intime de sa propre pratique.
Comment Leonor Fini justifie-t-elle son rejet de la célébrité et de la figure publique ?
Elle oppose la visibilité immédiate du tableau à celle, différée ou incomplète, des autres formes d’art (livres, performances). Pour elle, la peinture est un langage direct où l’artiste se révèle pleinement, rendant superflue toute tentative de construction d’une persona médiatique. Ce refus s’enracine dans une méfiance envers les mécanismes de la renommée, qu’elle juge artificiels.
Quel rôle joue l’atelier dans la perception de l’œuvre de Fini, selon son entretien avec Le Targat ?
L’atelier, décrit comme presque vide en 1978 (à l’exception d’une esquisse de chat), incarne une forme de dépouillement intentionnel. Ce cadre minimaliste reflète sa volonté de concentrer l’attention sur la peinture elle-même, tout en révélant une dimension presque performative de sa pratique : l’espace de création comme extension de l’œuvre.
Ce que ça pourrait changer
Ce dialogue met en lumière une conception de l’art où la disparition de l’artiste derrière son œuvre devient un acte de résistance face à la spectacularisation contemporaine. Il interroge aussi la place des archives sonores dans la transmission d’une pensée artistique, où l’oralité et l’improvisation révèlent des nuances absentes des textes écrits ou des catalogues.

