En matière de nucléaire, Trump flatte la Corée du Nord et fustige l’Iran
La politique nucléaire de Donald Trump révèle une application sélective des principes de non-prolifération, où la Corée du Nord bénéficie d’une indulgence diplomatique contrastant avec une hostilité marquée envers l’Iran. Cette stratégie, analysée par The New York Times, s’inscrit dans une logique de réalisme géopolitique où les priorités américaines semblent dictées par des calculs de pouvoir plutôt que par une cohérence idéologique. L’échec patent de la diplomatie nord-coréenne lors du premier mandat de Trump interroge sur la viabilité des approches actuelles face à Téhéran.
Quels enseignements tirer de l’échec de la diplomatie nucléaire de Trump avec la Corée du Nord en 2018-2020 ?
Les trois sommets entre Trump et Kim Jong-un n’ont pas seulement échoué à désarmer Pyongyang, ils ont aussi accéléré le développement de l’arsenal nord-coréen, qui compterait désormais une soixantaine d’armes nucléaires. Cette contradiction illustre les limites d’une approche fondée sur la seule relation personnelle entre dirigeants, sans cadre contraignant ni vérification indépendante, et souligne l’illusion d’une diplomatie spectaculaire dépourvue de mécanismes concrets de désescalade.
Pourquoi Trump semble-t-il moins préoccupé par le programme nucléaire iranien que par l’accès au détroit d’Ormuz ?
L’administration Trump privilégie désormais des enjeux stratégiques immédiats, comme la sécurisation des flux pétroliers, au détriment d’une lutte contre la prolifération nucléaire perçue comme moins urgente. Cette réorientation s’explique par des frappes américaines ayant détruit des sites iraniens d’enrichissement d’uranium en juin 2025, réduisant temporairement la menace perçue, mais aussi par une volonté de recentrer la politique étrangère sur des dossiers où les États-Unis peuvent agir unilatéralement, comme la pression militaire.
En quoi la posture actuelle de Trump envers l’Iran et la Corée du Nord révèle-t-elle un « deux poids, deux mesures » géopolitique ?
La Corée du Nord, bien que dotée d’un arsenal nucléaire avancé, bénéficie d’une approche conciliante de la part de Trump, marquée par des flatteries publiques et une volonté de dialogue, tandis que l’Iran, déjà sous sanctions et ciblé par des frappes, fait l’objet d’une hostilité constante. Cette asymétrie s’explique moins par des critères techniques (comme le niveau d’enrichissement ou la transparence) que par des considérations géostratégiques : Pyongyang est perçu comme un acteur incontournable en Asie, tandis que Téhéran reste un rival régional à affaiblir, indépendamment de ses capacités nucléaires.
Ce que ça pourrait changer
Cette politique du « deux poids, deux mesures » risque d’affaiblir la crédibilité des États-Unis en tant que garant de la non-prolifération, en donnant l’impression que les règles du jeu international s’appliquent de manière sélective. Elle pourrait aussi encourager d’autres États à développer des programmes nucléaires en comptant sur une indulgence américaine, tout en exacerbant les tensions régionales, notamment au Moyen-Orient où l’Iran pourrait riposter par des mesures de pression accrues. Enfin, l’absence de cadre diplomatique cohérent avec Pyongyang laisse planer le risque d’une escalade incontrôlée, dans un contexte où les arsenaux nucléaires nord-coréens continuent de se renforcer.

